Les Émirats s’associent à Colossal Biosciences pour conserver les empreintes génétiques de milliers d’animaux
Face à l’accélération de la perte de biodiversité, Dubaï innove dans la conservation animale. Lors du Sommet mondial des gouvernements le 3 février, le gouvernement des Émirats arabes unis a annoncé un partenariat stratégique avec l’entreprise américaine Colossal Biosciences, connue pour ses projets de « résurrection » d’espèces disparues comme le dodo, le mammouth ou le tigre de Tasmanie. Ensemble, ils vont créer un coffre-fort biologique, surnommé le Colossal BioVault, destiné à préserver les espèces menacées pour l’avenir.
Un sanctuaire génétique inédit
Installé au Musée du futur de Dubaï, le BioVault doit conserver les empreintes génétiques de plus de 10 000 espèces animales, en commençant par les 100 les plus menacées. La sélection de ces animaux sera déterminée grâce à un programme de recherche commun entre Colossal Biosciences et les autorités émiraties. « Avec le leadership visionnaire des Émirats, nous créons le premier BioVault mondial : une véritable arche de Noé pour protéger et restaurer la vie sur Terre », a déclaré Ben Lamm, cofondateur et PDG de l’entreprise.
Inspiré par la réserve mondiale de semences de Svalbard, qui conserve plus d’un million d’échantillons de graines, ce projet applique le même principe au monde animal. Selon Ben Lamm, « la conservation traditionnelle ne suit pas le rythme auquel nous perdons la biodiversité ».
Une approche complémentaire aux méthodes classiques
Bien que l’idée de cryoconserver des espèces ne soit pas nouvelle — la biobanque de San Diego, ouverte en 1975, conserve plus de 11 500 lignées cellulaires représentant plus de 1 300 espèces — Colossal Biosciences souhaite centraliser et renforcer ces efforts à une échelle mondiale. Le BioVault de Dubaï sera le premier d’un réseau de sites interconnectés, conçu pour compléter les méthodes traditionnelles de conservation in situ et la protection des habitats naturels.
Une précaution utile mais limitée
Les experts rappellent que la cryoconservation ne peut remplacer la protection des espèces dans leur environnement naturel. Dusko Ilic, professeur de sciences des cellules souches au King’s College de Londres, explique : « Pour le public, ces “zoos gelés” sont fascinants et sensibilisent à la perte de biodiversité, mais ils doivent rester des outils complémentaires, et non des substituts à la conservation sur le terrain ou à la protection des habitats ».
Malgré cette limite, l’initiative de Dubaï montre comment les solutions technologiques peuvent contribuer à la préservation de la vie sur Terre, tout en offrant un outil précieux pour la recherche scientifique et la sensibilisation mondiale.
La Rédaction

