L’intégration des femmes éthiopiennes sur le marché formel ne se limite pas à un simple gain financier. Une étude menée à l’Université de Southampton révèle que certaines modifient la manière dont elles déclarent leur identité ethnique lorsqu’elles commencent à travailler. Ce phénomène, bien que minoritaire, illustre une stratégie d’adaptation à la sécurité et aux tensions sociales.
Une étude de terrain révélatrice
Les chercheuses ont suivi près de 900 femmes réparties sur cinq régions d’Éthiopie. Certaines ont reçu des offres d’emploi aléatoires dans 27 entreprises locales. Pendant trois ans, les chercheurs ont observé les changements dans l’emploi, la mobilité quotidienne et la façon dont les participantes se définissaient ethniquement.
Changer d’identité : une stratégie de sécurité
Les résultats montrent qu’environ 8 % des femmes ont déclaré un changement de leur identité ethnique, une pratique plus fréquente chez celles qui accèdent à un emploi que chez celles qui n’en ont pas. Ce changement n’est pas une transformation personnelle profonde, mais une tactique pour réduire les risques dans les déplacements et interactions professionnelles, surtout dans des zones où les tensions ethniques sont sensibles.
Implications sociales et économiques
L’étude souligne que l’identité peut être flexible et que certaines femmes l’adaptent pour se protéger. Ces constatations mettent en lumière la nécessité de politiques d’inclusion et de sécurité, ainsi qu’une meilleure compréhension des interactions entre travail, mobilité et identité ethnique dans les sociétés éthiopiennes.
La Rédaction
Source & auteur
Analyse réalisée par Monica Beeder, Université de Southampton

