Dans le nord-ouest du Nigeria, l’État de Kebbi reste confronté à une situation alarmante de malnutrition infantile qui coûte la vie à des centaines d’enfants chaque année. Malgré la présence de centres de traitement et d’initiatives de sensibilisation, les retards de prise en charge, les croyances locales et l’insécurité alimentaire continuent de freiner les progrès.
Une crise qui persiste en 2026
Les derniers chiffres disponibles montrent que plus de 600 enfants gravement malnutris sont morts dans l’État de Kebbi entre janvier et septembre 2025, selon les autorités sanitaires locales. Ces décès sont enregistrés dans plusieurs centres de traitement spécialisés dans les zones rurales et urbaines de l’État.
La situation début 2026 reste préoccupante : bien que des efforts institutionnels aient été engagés pour renforcer les services de santé et les campagnes de prévention, le nombre de cas sévères n’a pas considérablement diminué.
Des facteurs multiples derrière la malnutrition
Plusieurs causes expliquent cette crise persistante :
Retard dans la consultation médicale
Dans de nombreuses communautés, la malnutrition est encore perçue comme un phénomène spirituel ou mystique. Cette perception conduit les familles à privilégier les remèdes traditionnels et à retarder la consultation médicale, réduisant ainsi les chances de survie des enfants.
Pressions économiques et insécurité alimentaire
L’insécurité alimentaire reste élevée dans le nord du Nigeria. De nombreux ménages n’ont pas accès à une alimentation diversifiée et nutritive, surtout pendant les périodes de soudure avant les récoltes. Les contraintes financières limitent également l’accès aux soins et aux transports vers les centres de traitement.
Faibles niveaux de connaissances nutritionnelles
Même quand la nourriture est disponible, une part importante des familles manque d’information sur la préparation de repas équilibrés. La dépendance exclusive aux aliments thérapeutiques après l’aggravation de l’état de l’enfant est fréquente, alors que ces produits doivent compléter une nutrition déjà adéquate.
Efforts de riposte et défis persistants
Face à ces défis, les autorités de Kebbi ont augmenté le nombre de centres de traitement nutritionnel et mobilisé des fonds pour l’achat d’aliments thérapeutiques. Des campagnes de sensibilisation sont également menées pour encourager les soins précoces.
Des organisations humanitaires comme Médecins Sans Frontières (MSF) et l’UNICEF restent présentes sur le terrain pour soutenir la prise en charge des cas sévères et renforcer les programmes de nutrition chez les enfants de moins de cinq ans.
Cependant, les contraintes budgétaires et la réduction du soutien international à certains programmes humanitaires pèsent sur l’efficacité globale de la réponse, limitant l’accès aux soins pour les communautés les plus isolées.
Une crise qui dépasse Kebbi
La malnutrition dans l’État de Kebbi reflète une urgence nationale au Nigeria, où des millions d’enfants sont touchés par l’insécurité alimentaire. Les cas sévères de malnutrition aiguë continuent d’être signalés dans plusieurs États du nord, et la situation des plus vulnérables dépend largement de l’accès aux systèmes de santé de première ligne et à une alimentation nutritive.
La Rédaction

