L’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle les gouvernements du monde entier à relever significativement les taxes sur l’alcool et les boissons sucrées, affirmant qu’il s’agit d’un outil efficace pour sauver des vies et renforcer la santé publique.
Lors d’une conférence de presse virtuelle, le directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné que les taxes sanitaires réduisent la consommation de produits nocifs tout en générant des revenus que les États peuvent réinvestir dans la santé, l’éducation et la protection sociale.
Selon le rapport sur la fiscalité des boissons sucrées, 116 pays ont déjà mis en place une taxe, mais de nombreux produits, tels que les sodas en canette, les jus de fruits 100 % sucrés, les boissons lactées sucrées et certains cafés et thés prêts à consommer, échappent encore à toute taxation. En parallèle, le rapport sur l’alcool indique que 167 pays prélèvent des taxes sur les spiritueux, le vin et la bière, mais que leur prix reste souvent stable ou devient plus accessible, faute d’ajustement à l’inflation ou à la hausse des revenus.
L’OMS rappelle les risques sanitaires liés à une consommation excessive : surpoids, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, caries dentaires, ostéoporose pour les boissons sucrées, et pour l’alcool, complications maternelles et infantiles, maladies transmissibles et non transmissibles, troubles mentaux et accidents.
L’efficacité de la taxation est illustrée par le Royaume-Uni, où la taxe sur les boissons sucrées instaurée en 2018 a permis de réduire la consommation de sucre, générer 338 millions de livres sterling de recettes supplémentaires en 2024 et faire reculer l’obésité chez les filles de 10 à 11 ans, notamment dans les communautés défavorisées.
L’OMS exhorte donc à repenser la fiscalité des produits nocifs dans le cadre d’une initiative sanitaire globale visant à limiter l’alcool, le tabac et les boissons sucrées.
La Rédaction

