Le Congrès national africain (ANC), emblème historique de la lutte anti-apartheid et parti de Nelson Mandela, se prépare à un défi inédit : regagner la confiance de ses électeurs avant les élections municipales de 2026.
Après un revers majeur en 2024, où il a perdu sa majorité absolue pour la première fois depuis 1994, l’ANC se retrouve contraint de réévaluer sa stratégie. Le parti, âgé de 114 ans, fait face à une conjonction de crises : un chômage qui frôle les 30 %, des scandales de corruption à répétition, une criminalité en hausse et des infrastructures publiques défaillantes. Conséquence directe : sa part de voix est tombée à 40 %, contre 57 % lors du scrutin précédent, le poussant à former des coalitions pour gouverner.
Pour inverser cette trajectoire, le président Cyril Ramaphosa a présenté un plan ambitieux articulé autour de six axes : la création d’emplois, la lutte contre la corruption, la modernisation des services d’eau et d’électricité, et un contrôle renforcé sur la sélection des candidats locaux. Ces mesures visent à restaurer la crédibilité du parti avant le scrutin crucial prévu entre novembre 2026 et février 2027.
Cependant, le contexte politique complique la tâche de l’ANC. La montée de l’opposition, avec des partis comme l’uMkhonto we Sizwe et le Parti communiste sud-africain qui se présentent désormais seuls, fragilise encore davantage sa position. À l’intérieur même du parti, des tensions émergent concernant l’ouverture aux candidats externes pour diriger les municipalités, révélant des fractures internes difficiles à combler.
Sous le slogan « 2026, l’année de la réparation des gouvernements locaux », l’ANC mise sur cette échéance pour montrer qu’il peut encore incarner l’espoir d’une Afrique du Sud plus stable et équitable. Un pari risqué, mais déterminant pour l’avenir politique d’un parti qui a longtemps symbolisé le changement et la justice sociale dans le pays.
La Rédaction

