Le Koshary, plat emblématique des rues égyptiennes, franchit un nouveau cap : il est désormais inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Cette reconnaissance dépasse la simple gastronomie : elle célèbre une véritable institution populaire qui unit générations et quartiers autour d’un mélange savoureux de riz, lentilles, pâtes et sauces épicées.
De la rue aux palais gastronomiques
Si les habitants du Caire se pressent devant les étals fumants pour savourer un Koshary traditionnel, les restaurants étoilés le réinterprètent désormais sous une forme contemporaine, signe que ce plat a traversé les strates sociales et culturelles du pays. L’inscription par l’Unesco consacre cette double identité : plat de rue accessible à tous et trésor gastronomique reconnu mondialement.
Une tradition qui traverse les siècles et les continents
Les origines du Koshary restent fascinantes et controversées. Selon certains récits, les Britanniques auraient introduit une première version au XIXᵉ siècle, tandis que des chercheurs culinaires locaux considèrent ce plat comme le résultat d’un brassage progressif d’influences venues d’Asie et d’Amérique. Malgré ces influences, le Koshary a conservé son identité unique et son nom d’origine indienne, tout en se parant de saveurs typiquement égyptiennes.
Un patrimoine vivant
Avec cette inscription, le Koshary rejoint dix autres traditions égyptiennes déjà reconnues par l’Unesco, dont le tahteeb, art martial ancestral pratiqué au bâton. Pour les autorités du Caire, cette reconnaissance officielle reflète l’importance accordée à la culture quotidienne des Égyptiens, à leur histoire et à leur art de vivre. Le Koshary devient ainsi bien plus qu’un simple repas : il incarne l’âme de la société égyptienne et son ouverture aux influences extérieures tout en affirmant son identité propre.
En célébrant le Koshary, l’Égypte offre au monde un exemple concret de la manière dont un plat peut devenir le miroir d’une culture, d’une mémoire collective et d’un héritage vivant.
La Rédaction

