Chaque 5 décembre, deux causes essentielles se rejoignent sans se croiser : l’humain qui agit, et le sol qui nourrit. La Journée internationale des volontaires et la Journée mondiale des solsn’ont rien d’un hasard calendaire. L’une met en lumière l’énergie des citoyens, l’autre rappelle l’urgence de sauver ce qui les fait vivre : la terre.
Les volontaires, un capital invisiblement productif
Instituée en 1985 par l’ONU, la Journée internationale des volontaires n’est pas qu’un hommage symbolique au bénévolat. Elle porte un message politique : le volontariat est un pilier du développement durable, souvent plus puissant que les grandes politiques publiques. À l’échelle locale, ce sont des volontaires qui éduquent, soignent, collectent des données environnementales, apportent une aide humanitaire, restaurent la nature, enseignent dans des zones isolées.
Ils sont partout, mais leur travail reste sans salaire, donc sans statistiques. Pourtant, dans de nombreux pays, la valeur économique du volontariat équivaut à un véritable secteur productif. C’est une force sociale qui tisse du lien, répare les fractures, comble les vides de l’État et crée de la solidarité concrète.
Les sols, la richesse silencieuse qui disparaît
La Journée mondiale des sols, créée par la FAO en 2013, rappelle une urgence mondiale : la planète perd son sol fertile plus vite qu’elle ne peut le régénérer. L’érosion, l’urbanisation anarchique, les pesticides, la déforestation et le changement climatique détruisent un patrimoine lent à reconstruire. Il faut 1 000 ans pour former quelques centimètres de sol fertile, soit plus que la durée moyenne d’un empire dans l’histoire humaine.
Le sol n’est pas seulement de la terre : c’est la base de 95 % de notre alimentation. C’est un immense organisme vivant qui stocke du carbone, régule l’eau, abrite des bactéries essentielles, et soutient l’économie agricole mondiale. Sans sol sain, pas d’agriculture. Sans agriculture, pas d’humanité.
Deux causes, une même question : qui protège l’essentiel ?
Ce 5 décembre pose en réalité une unique problématique : qui prend soin de ce qui nous fait vivre ?Les volontaires protègent des vies, des cultures, des communautés. Le sol protège notre alimentation, notre climat, notre futur. Et, dans les deux cas, la protection dépend d’actions collectives locales.
Le changement climatique se combat avec des volontaires qui plantent des arbres, des agriculteurs qui préservent la terre, des écologistes qui surveillent les écosystèmes, des jeunes qui s’engagent. La préservation de la planète ne sera pas gagnée par les lois seules, mais par les mains qui les appliquent.
Le citoyen devient acteur du futur
En réunissant l’engagement humain et la santé de la terre, le 5 décembre nous rappelle que le monde ne se transformera pas grâce aux discours, mais grâce aux actes. Le volontaire ne se contente pas de “faire le bien”. Il construit une souveraineté citoyenne, un pouvoir d’agir sur la société, sur la nature, sur l’avenir.
Finalement, protéger le sol revient à protéger la vie. Et valoriser les volontaires, c’est reconnaître ceux qui la défendent déjà, souvent dans l’ombre.
La Rédaction

