Cameroun – Dans seulement trois jours, le 12 octobre 2025, les Camerounais se rendront aux urnes pour élire leur président. Parmi les 12 candidats, Tomaino Hermine Patricia Ndam Njoya, maire de Foumban et présidente de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), se distingue comme la seule candidate féminine de cette élection historique. Sa candidature marque la troisième fois dans l’histoire du pays qu’une femme se présente à la présidence.
Une campagne audacieuse pour un nouveau Cameroun
Âgée de 56 ans, Ndam Njoya mène sa campagne sous le slogan : « Liberté. Justice. Progrès ». Elle promet de sortir le Cameroun de décennies de mauvaise gouvernance, de résoudre la crise anglophone dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, et de lutter contre le chômage des jeunes.
Malgré les critiques de certains rivaux masculins qui la qualifient de simple successeure de son défunt mari, elle a su attirer l’attention nationale et internationale grâce à une campagne dynamique combinant déplacements sur le terrain et mobilisation sur les réseaux sociaux tels qu’Instagram, Facebook et TikTok.
Une expérience politique confirmée
Tomaino Ndam Njoya n’est pas nouvelle en politique. Ancienne parlementaire et maire de Foumban, elle a repris en 2021 la présidence de l’UDC après le décès de son mari, Adamou Ndam Njoya, figure majeure de l’opposition et ancien ministre de l’Éducation. Son parcours politique et son réseau international lui donnent une crédibilité solide pour prétendre à la plus haute fonction du pays.
Mobilisation auprès de la diaspora
La candidate a multiplié les rencontres avec la diaspora camerounaise en Europe, notamment en Allemagne, Italie et France, pour encourager les votes en sa faveur. Elle a rencontré des personnalités telles que Joy Alemazung, maire d’origine camerounaise en Allemagne, et Steven Kommogne, parlementaire allemand d’origine camerounaise, afin de renforcer son soutien au sein des communautés expatriées.
Elle s’est également arrêtée en Europe pour plaider pour la paix et la solidarité lors de la réunion annuelle de la World Brotherhood à Rome, et a présenté ses propositions pour améliorer les relations avec les voisins du Cameroun, alors que la crise anglophone sévit depuis 2016.
Soutien de l’opposition
Une douzaine d’anciens candidats à la présidentielle ayant échoué lors de précédentes échéances ont apporté leur soutien à Ndam Njoya, soulignant la nécessité d’une unité de l’opposition pour contrer le président Biya. Parmi eux, Shewa David Damuel, entrepreneur et ancien membre du SDF, a déclaré : « Le Cameroun est à un carrefour. L’opposition est divisée et faible, nous devons soutenir Ndam Njoya. »
Des ambitions nationales et culturelles
Outre ses objectifs politiques et sociaux, Tomaino Ndam Njoya défend la restitution des biens culturels camerounais pillés et souhaite qu’ils restent accessibles au public. Elle ambitionne également de réaliser l’idée de son mari d’un Cameroun fédéral et uni, tout en améliorant les opportunités pour les jeunes et l’investissement.
Si elle réussit, le Cameroun rejoindrait d’autres pays africains dirigés par des femmes, comme la Tanzanie, le Liberia, le Malawi ou la Namibie.
La Rédaction

