Le Mali célèbre son indépendance le 22 septembre dans un climat de tension : attaques jihadistes et blocus des corridors de carburant mettent à l’épreuve la sécurité et la légitimité de la junte militaire.
Le 19 septembre : une embuscade révélatrice
Le 19 septembre, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, affilié à Al-Qaïda) a frappé un convoi militaire sur la route RN24, dans la région de Koulikouro. L’embuscade a visé des camions-citernes, provoquant incendies et ruptures d’approvisionnement. Les jihadistes ont ainsi réussi à mettre en place un blocus partiel, perturbant l’arrivée du carburant à Bamako et dans d’autres villes, et démontrant leur capacité à contrôler des axes stratégiques. Les images de véhicules calcinés et de fumée noire dans la forêt illustrent la présence persistante du GSIM au cœur du pays.
À lire aussi : Le GSIM impose un blocus dans l’ouest pour fragiliser la junte
Le paradoxe de la junte
C’est au nom de la lutte contre l’insécurité que les militaires avaient renversé le pouvoir civil en août 2020, promettant une « montée en puissance » de l’armée et le rétablissement de la sécurité. Pourtant, cinq ans plus tard, malgré un équipement modernisé et l’appui de drones, Bamako reste sous pression. Le GSIM multiplie les assauts en privilégiant une guerre d’usure, tandis que l’État islamique au Sahel demeure cantonné au nord-est.
Les Forces armées maliennes conservent cependant des atouts essentiels : organisation centralisée, unités expérimentées et appui aérien avec drones, leur permettant de maintenir une défense solide de Bamako malgré les attaques et le blocus jihadiste. Mais le moral des troupes est fragilisé, et le découragement gagne la population. Dans la capitale, les discours triomphalistes de la junte contrastent avec la réalité : pénuries de carburant, flambée des prix et sentiment d’abandon dans les zones rurales.
À lire aussi : L’armée malienne renforce la sécurité des convois de carburant après des attaques jihadistes
Un anniversaire sous menace
La commémoration du 22 septembre intervient dans un climat incertain. De nombreux observateurs craignent que les groupes jihadistes exploitent cette date symbolique pour intensifier leurs attaques. Entre célébration de l’indépendance et crise sécuritaire, le Mali se retrouve face à une contradiction douloureuse : honorer sa souveraineté alors que l’intégrité territoriale et la sécurité des citoyens restent gravement menacées.
La Rédaction

