Alger plongée dans un climat exceptionnel de vigilance après l’évasion du général Nacer el Djinn
La capitale algérienne a été plongée vendredi dans un climat exceptionnel de vigilance, après la disparition du général Abdelkader Haddad, alias Nacer el Djinn, ancien patron du contre-espionnage. Placé sous résidence surveillée à la suite de sa mise en examen, le haut gradé a réussi à échapper à la surveillance des autorités, provoquant un mouvement de panique au sein des services de sécurité.
Des perquisitions et contrôles intensifs ont été menés dans plusieurs quartiers huppés d’Alger, notamment Hydra et El-Biar, avec la participation d’unités d’élite du GOSP. Selon des informations non confirmées, Nacer el Djinn pourrait déjà se diriger vers l’Espagne, où il avait séjourné par le passé et où plusieurs hauts gradés algériens possèdent des résidences secondaires.
Un parcours controversé et rapide
Exilé en 2018 lors des purges militaires sous le défunt chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, Abdelkader Haddad est revenu quatre ans plus tard et a été promu général. Il a rapidement occupé des postes stratégiques dans les services de renseignement, dirigeant notamment le centre de détention « Antar » avant de prendre la tête de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) en juin 2024.
Sa carrière a été marquée par des controverses, avec des accusations de violences et de tortures, notamment pendant les années 1992-1998, période où l’armée algérienne luttait contre l’insurrection islamiste. La disparition du général intervient alors qu’il devait être présenté à un juge cette semaine.
Crise interne et vague d’arrestations
L’évasion a déclenché une réaction immédiate au sommet de l’armée. Plusieurs officiers ont été sanctionnés et plus de quarante proches de Nacer el Djinn ont été interpellés. Le général Mahrez Djeribi, chargé de la surveillance du fugitif, aurait été écarté de ses fonctions, révélant des tensions au sein de l’État-major.
Parmi les arrestations figurent le Lieutenant-colonel Hichem du CPMI de Ben Aknoun, le procureur militaire Yahia Necib et plusieurs membres de leur entourage. Ces mesures témoignent de la fragilité du système militaire et de l’intensité des rivalités internes.
Aucune déclaration officielle n’a été émise. Alger reste sous haute surveillance, et la disparition de Nacer el Djinn pourrait provoquer un bouleversement majeur dans la hiérarchie militaire et les alliances au sommet de l’État.
La Rédaction

