L’Égypte et le Soudan affirment que les discussions autour du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) doivent rester strictement limitées aux trois États riverains — Égypte, Soudan et Éthiopie — rejetant toute tentative d’impliquer d’autres pays du bassin du Nil.Dans un communiqué conjoint publié le 3 septembre au Caire, à l’issue d’une réunion consultative « 2+2 » des ministres des Affaires étrangères et de l’Eau, les deux gouvernements ont averti que les mesures unilatérales de l’Éthiopie pour remplir et exploiter le barrage risquent de mettre en péril la sécurité hydrique des États en aval et de déstabiliser la région, en contradiction avec le droit international.La délégation égyptienne comprenait le ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty et le ministre de l’Eau Hani Sweilem, tandis que le Soudan était représenté par Omar Seddig, ministre d’État aux Affaires étrangères, et Ismat Qureshi Abdallah, ministre de l’Agriculture et de l’Irrigation.À lire aussi : Soudan : le Nil Bleu atteint des niveaux historiquement bas après le remplissage du GERDDes négociations ferméesLes discussions ont porté sur le suivi du mécanisme « 2+2 » lancé en février, ainsi que sur la consolidation de la coopération hydrique. Les deux pays ont rappelé leur détermination à préserver leurs droits historiques à l’eau du Nil, conformément à l’Accord de 1959. Ils ont qualifié leurs intérêts hydriques de « tout indivisible » et rejeté catégoriquement toute initiative unilatérale.Concernant le GERD, ils ont réaffirmé que « la question reste une affaire tripartite » et rejeté « toute tentative d’élargir la médiation à d’autres États du bassin ».Convergences bilatéralesLa réunion a aussi renforcé la coopération bilatérale. Le Soudan a exposé ses besoins en matière de reconstruction, tandis que l’Égypte s’est dite prête à soutenir divers secteurs, en particulier l’agriculture et l’irrigation. La prochaine rencontre de la Commission technique mixte permanente des eaux du Nil se tiendra en octobre à l’occasion de la Semaine de l’eau du Caire.À lire aussi : Le barrage éthiopien de la Renaissance. Un fleuve, trois nations et des tensions persistantesL’Éthiopie revendique l’autonomie africaineCette déclaration survient alors que le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé la mise en service complète du GERD, présenté comme la fin du « plus grand défi historique » du pays. Selon lui, la maîtrise du Nil Bleu (Abay) par le barrage clôt une « lutte millénaire » et symbolise l’autonomie africaine et le développement régional.L’Éthiopie maintient par ailleurs son engagement dans l’Accord-cadre de coopération (CFA), entré en vigueur en octobre 2024 sous l’égide de l’Initiative du Bassin du Nil.Une bataille diplomatique régionaleEn parallèle, l’Égypte intensifie ses efforts diplomatiques. Le ministre Badr Abdelatty a récemment eu des échanges avec ses homologues du Soudan, du Soudan du Sud, de Djibouti, d’Ouganda, du Kenya et de Somalie, afin de consolider un front commun contre les mesures unilatérales éthiopiennes.
La Rédaction

