L’accord récemment signé entre le Royaume-Uni et Maurice concernant l’archipel des Chagos a été présenté comme une « victoire du droit international, de la justice postcoloniale et surtout du peuple chagossien ». Pourtant, pour les principaux concernés, il ne garantit pas une véritable justice.
Il y a plus de 50 ans, le Royaume-Uni et les États-Unis avaient contraint l’ensemble de la population chagossienne à quitter ses terres afin de construire une base militaire sur l’île de Diego Garcia, un acte qualifié de crime colonial contre l’humanité.
Le nouveau traité reconnaît la souveraineté de Maurice sur l’archipel, mais semble insuffisant pour réparer cette injustice historique. Certains Chagossiens y voient cependant une étape importante dans leur combat de plusieurs décennies pour retourner sur leur terre natale. Le préambule du texte évoque les « torts du passé », et les deux gouvernements s’engagent à soutenir « le bien-être de tous les Chagossiens ».
Le traité prévoit que les Chagossiens pourraient revenir sur toutes les îles de l’archipel, sauf Diego Garcia, la plus grande et la plus peuplée. Cette limitation est dénoncée par de nombreux observateurs. Ils estiment que l’Afrique du Sud, les nations des Caraïbes et d’autres voix anticoloniales doivent intervenir à l’Assemblée générale de l’ONU pour garantir aux Chagossiens leur droit au retour, obtenir des réparations et obtenir une reconnaissance pleine et entière.
La Rédaction

