À l’occasion de son 21ᵉ anniversaire, la Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Africain (COPAGEN) a choisi Kpalimé, dans la région des Plateaux, pour marquer un tournant : une conférence publique et une foire des semences paysannes ont été organisées, transformant la célébration en véritable manifeste écologique.
Un plaidoyer pour la souveraineté alimentaire
En réunissant agriculteurs, coopératives, chercheurs, autorités locales et consommateurs, COPAGEN a voulu rappeler une évidence : la survie des systèmes alimentaires africains dépend de la protection des semences paysannes. Les échanges ont insisté sur l’importance de la biodiversité agricole, menacée par les intrants chimiques et l’expansion des semences industrielles.
Pour l’organisation, préserver ce patrimoine revient à défendre une souveraineté alimentaire de plus en plus fragilisée par la dépendance extérieure.
Des panels transformés en tribunes
Les deux panels au programme ont pris des allures de tribunes citoyennes. Le premier, consacré à la protection des ressources phytogénétiques, a mis en lumière les défis liés à leur transmission et leur usage durable. Le second a abordé la question foncière, montrant combien la sécurisation des terres conditionne l’avenir des semences locales et des productions agroécologiques.
Les interventions d’experts et de praticiens ont convergé vers une idée centrale : renforcer les droits des communautés rurales et faire de l’agriculture locale un pilier de résilience nationale.
La foire des semences, vitrine d’un patrimoine vivant
La journée s’est poursuivie par une foire où une diversité impressionnante de semences paysannes et de produits agroécologiques a été présentée. Cette exposition a illustré la richesse du patrimoine génétique togolais et africain, mais aussi son potentiel pour bâtir une agriculture durable.
Les témoignages des producteurs, comme celui de Georgette Agbeka Adiku, ont rappelé que derrière chaque semence se cache une vision : nourrir sainement sans dépendre de produits chimiques ni de brevets extérieurs.
Un anniversaire aux allures de manifeste
En choisissant de célébrer ses 21 ans de cette manière, COPAGEN a envoyé un signal fort : il ne s’agissait pas seulement de marquer le temps, mais de réaffirmer son rôle de vigie écologique et sociale. L’organisation entend mobiliser plus largement face aux dérives de l’agriculture conventionnelle et rappeler que l’avenir alimentaire de l’Afrique se joue aussi dans ses villages et ses champs.
Cet anniversaire a donc dépassé la commémoration : il a pris la forme d’un manifeste écologique, appelant à la défense collective d’un patrimoine commun et à l’adoption d’alternatives durables pour les générations futures.
La Rédaction

