La xénophobie continue de fragiliser l’unité africaine, freinant le développement économique et social du continent. Bien souvent, cette hostilité entre Africains est alimentée par la pauvreté, les inégalités et les faiblesses structurelles des États, alors que les véritables causes résident dans des économies encore inégalement transformées et dominées par une minorité privilégiée.
La xénophobie, un obstacle à l’unité africaine
Les attaques contre les migrants africains dans certains pays du continent ne résolvent en rien les problèmes de chômage ou de précarité. Au contraire, elles détournent l’attention des causes profondes et compromettent la solidarité nécessaire au progrès collectif.
Exemples récents :
• En Afrique du Sud, des violences contre des communautés nigérianes et zimbabwéennes ont entraîné des centaines de victimes et la destruction de commerces locaux, révélant une hostilité persistante envers certains migrants.
• Au Kenya, des tensions entre communautés locales et migrants somaliens ont occasionné des expulsions forcées et des incidents de harcèlement.
• Au Nigeria, certaines populations originaires d’autres pays africains ont été victimes de discriminations et d’agressions dans des zones urbaines en raison de stéréotypes économiques et culturels.
Comprendre que chaque Africain, où qu’il se trouve, fait partie d’une même communauté est essentiel pour construire une Afrique unie et prospère.
Panafricanisme et intégration économique
L’intégration économique constitue un levier majeur pour renforcer le panafricanisme. En facilitant la libre circulation des travailleurs, des entrepreneurs et des talents à travers le continent, les pays africains peuvent créer des opportunités équitables pour tous. Une infrastructure continentale cohérente, des politiques commerciales harmonisées et des régimes de visas alignés sont autant de moyens pour permettre aux Africains de contribuer au développement économique de toute l’Afrique, plutôt que de subir des contraintes liées à leur nationalité.
L’Afrique comme acteur de sa propre destinée
Le développement du continent ne peut reposer sur l’Occident. Les solutions aux défis africains – pauvreté, chômage, exploitation économique – doivent émerger des initiatives africaines elles-mêmes. Les partenariats entre pays, la coopération régionale et la mise en œuvre concrète de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) sont des outils essentiels pour transformer ces ambitions en réalité tangible.
Solidarité et responsabilité continentale
Le panafricanisme implique également une solidarité envers les populations opprimées ou marginalisées, qu’elles soient confrontées à des régimes autoritaires, au colonialisme économique ou à des conflits prolongés. La libération et la prospérité de l’Afrique ne seront complètes que si chaque citoyen africain se sent concerné par le bien-être de ses voisins et par la justice à l’échelle continentale.
L’Afrique a le potentiel de se libérer des chaînes de la division et de la dépendance extérieure. En mettant l’unité et la coopération au cœur de ses politiques, elle peut démontrer que le continent n’est pas un simple bénéficiaire de l’aide internationale, mais un acteur puissant capable d’innovations, de croissance et de leadership global.
La Rédaction

