Le Lesotho fait face à un problème environnemental majeur : le commerce non réglementé du pelargonium, une plante médicinale protégée, entraîne une destruction significative des écosystèmes locaux.Une espèce en dangerLe Pelargonium sidoides, connu sous le nom de géranium africain ou sud-africain, pousse à l’état sauvage dans les sols rocheux et en haute altitude du Lesotho. Très recherché à l’international pour ses propriétés médicinales, notamment dans certains sirops contre la toux, il est classé espèce protégée par le gouvernement depuis 2004.Malgré sa protection, les réglementations actuelles sont obsolètes. La peine maximale pour infraction environnementale reste de M200 (équivalent à R200) depuis 1967, un montant devenu dérisoire face à la valeur commerciale de la plante.Des permis mal encadrésLe système de délivrance des permis de récolte de pelargonium présente de graves lacunes. Certains permis dépassent les quotas légaux, et d’autres ne fixent aucune limite de récolte. Les contrôles sont rares et les règlements peu appliqués, ce qui facilite le commerce illégal.Depuis que l’Afrique du Sud a restreint la récolte sauvage en 2007, le commerce s’est déplacé vers le Lesotho, où l’application des règles est moins rigoureuse. Entre 2023 et 2025, le pays a délivré 37 permis autorisant près de 1 000 tonnes de pelargonium à être prélevées dans la nature.Conséquences sur l’environnementLes pratiques de récolte non réglementée ont des impacts visibles sur les paysages. Les racines sont extraites à l’aide de pioches et de bêches, laissant de profonds trous sur les pentes raides et fragilisant les sols. Ces zones deviennent très vulnérables à l’érosion, entraînant des dommages durables pour l’écosystème.L’absence de quotas clairs et de suivi des permis aggrave la situation, rendant impossible un contrôle efficace de la quantité de pelargonium prélevée.Insuffisances légalesLa législation actuelle est largement dépassée. La peine de M200 pour infraction environnementale n’est plus dissuasive. De plus, les permis de récolte sont souvent délivrés sans Évaluation d’Impact Environnemental (EIE), alors que certaines quantités prélevées dépassent les seuils nécessitant cette étude. Les formulaires de permis laissent en blanc des sections importantes sur les méthodes de récolte, les impacts sur l’écosystème et les mesures de conservation.Besoin de réformeLe Department of Environment reconnaît ces lacunes et indique qu’une réforme est nécessaire. Le Biodiversity Resources Management Bill, rédigé en 2020 mais retardé par l’instabilité politique, vise à renforcer les sanctions, à améliorer le suivi des permis et à garantir que les communautés locales bénéficient de l’exploitation de cette ressource.La protection des espèces végétales menacées dépend donc d’une modernisation urgente de la législation et d’une application stricte des règles de récolte et de conservation.
La Rédaction

