Entre espoir et incertitudes, les agriculteurs du sud-Togo récoltent les premiers fruits d’une campagne marquée par l’irrégularité des pluies.
Alors que la première saison agricole touche à sa fin dans le sud du Togo, les petits producteurs s’activent dans leurs champs. Le maïs frais est vite écoulé auprès des revendeuses locales, le maïs sec est mis de côté pour les réserves familiales, et les dernières récoltes de haricot s’amoncellent sur les aires de séchage. Mais derrière cette frénésie de moissons, se cachent des mois d’efforts mis à rude épreuve par les caprices climatiques.
Plusieurs producteurs dans la région d’Abobo font le même constat : les précipitations ont été trop irrégulières pour garantir une bonne récolte. L’un d’eux confie :
« Sans système d’irrigation et sans crédits adaptés, il est difficile de s’en sortir, même après des mois d’efforts. »
Entre dettes et dépendance au marché
Comme beaucoup d’autres paysans, Daniel a dû recourir à un prêt pour financer ses semences et payer les métayers. Le remboursement, qui intervient juste après la vente des récoltes, ne laisse que peu de marge pour constituer des stocks durables ou investir.
« Si on ne nous aide pas avec des crédits à remboursement échelonné, l’agriculteur restera toujours dans la précarité, peu importe le travail fourni », déplore-t-il.
L’irrigation comme espoir
Face à la fragilité des précipitations, les producteurs plaident pour un accompagnement plus structurant, notamment en matière d’irrigation. Pour Daniel, un système d’arrosage performant changerait la donne :
« Avec l’irrigation, on pourrait faire trois campagnes par an, sans attendre la pluie. Cela garantirait des récoltes régulières et abondantes. »
Des situations contrastées dans le sud
Cette première saison agricole 2025 n’a pas affecté toutes les zones de la même manière. Si certaines localités ont mieux résisté, d’autres ont vu leurs cultures compromises par les poches de sécheresse. À l’échelle nationale, l’irrégularité pluviométrique reste un défi majeur pour les exploitants agricoles.
Alors que la seconde campagne se profile dès la mi-août, le mot d’ordre est clair : mieux gérer les récoltes, réduire la dépendance au marché, et surtout renforcer la résilience face aux aléas climatiques.
La Rédaction

