Goma – En République démocratique du Congo, la ville de Goma vit une tragédie silencieuse. Selon Médecins Sans Frontières (MSF), près de 40 000 femmes victimes de violences sexuelles ont été prises en charge en 2024 dans cette région de l’est du pays, où les conflits armés ne cessent de se multiplier.
Depuis que la coalition M23/Alliance Fleuve Congo (AFC) a pris le contrôle de Goma en janvier 2025, l’insécurité ne cesse de croître. La capitale provinciale du Nord-Kivu, peuplée de plus d’un million d’habitants, est désormais un lieu où aucune femme ne se sent véritablement en sécurité.
Les violences sexuelles y sont devenues systématiques. Les victimes sont agressées chez elles, dans les camps de déplacés ou même en pleine rue. Les auteurs ? Des hommes armés, certes, mais aussi des membres des communautés locales ou des familles hôtes censées offrir refuge.
Dans ce contexte chaotique, MSF demeure l’un des rares acteurs présents sur le terrain, malgré la réduction drastique de l’aide humanitaire et l’insécurité croissante. La situation est d’autant plus alarmante que les structures de santé sont dépassées et que les financements internationaux s’effondrent.
La décision de l’administration Trump de démanteler l’Agence américaine pour le développement international (USAID) n’a fait qu’aggraver la crise. En 2025, une commande cruciale de 100 000 kits post-viol, contenant notamment des traitements préventifs contre le VIH et d’autres IST, a été annulée. Ce retrait a eu des conséquences dramatiques sur la prise en charge des survivantes.
Aujourd’hui, les femmes congolaises paient le prix fort d’un double abandon : celui des autorités nationales et celui de la communauté internationale.
La Rédaction

