Qu’est-ce qui fait qu’une personne est perçue comme « cool » ? Est-ce une question de style, de charisme, ou de tempérament ? Une vaste étude mondiale menée dans douze pays — du Nigeria à l’Allemagne, de l’Inde à l’Afrique du Sud — propose une réponse étonnamment cohérente à travers les cultures : être cool, ce n’est pas seulement plaire, c’est incarner un certain état d’esprit.
Une enquête mondiale, des points communs surprenants
Menée auprès de près de 6 000 personnes, cette étude a demandé aux participants d’évaluer une connaissance qu’ils considéraient comme cool, pas cool, bonne ou mauvaise. Grâce à des outils psychologiques validés, les chercheurs ont dressé un portrait type du cool contemporain.
Résultat : six traits dominent l’imaginaire collectif. Les personnes perçues comme cool sont :
• Extraverties
• Hédonistes (attirées par le plaisir)
• Aventurières
• Ouvertes d’esprit
• Puissantes (charismatiques ou influentes)
• Autonomes (elles suivent leur propre voie)
Ces traits, répétés dans presque toutes les régions du monde, signalent une certaine universalité de la notion de coolitude. Autrement dit, malgré les différences culturelles, les jeunes de Lagos, Berlin, Séoul ou Johannesburg sont souvent d’accord sur ce qui rend une personne « cool ».
Quand être cool ne veut pas dire être bon
Autre observation marquante : si les traits de personnalité associés au cool recoupent en partie ceux liés à la bonté (gentillesse, calme, fiabilité), les deux notions restent distinctes. Une personne peut être perçue comme très cool sans pour autant être jugée particulièrement morale — et inversement.
Par exemple, être traditionnel ou consciencieux renvoie davantage à l’idée de « bonne personne », mais bien moins à celle de « cool ». À l’inverse, être aventureux ou hédoniste ne renvoie pas à des valeurs morales, mais participe clairement à l’image de coolitude.
Afrique du Sud, Nigeria : nuances et contrastes
En Afrique du Sud, les six traits définissant la coolitude sont pleinement reconnus. Mais la distinction entre « être cool » et « être bon » y est plus marquée qu’ailleurs. Autonomie, plaisir et audace sont hautement valorisés dans le registre du cool, mais rarement dans celui de la bonté.
Le Nigeria, en revanche, se distingue. L’individualisme, souvent perçu comme essentiel pour être cool, n’est pas considéré comme un critère déterminant. L’autonomie, par exemple, n’y différencie pas clairement les personnes cool des autres. Ce constat peut refléter une culture plus communautaire, attachée à l’identité collective, à la hiérarchie sociale et au respect des normes.
De plus, dans le contexte nigérian, la frontière entre coolitude et moralité est moins nette. Ce qui signifie qu’au Nigeria, une personne cool est aussi souvent perçue comme une personne bonne — une exception notable par rapport aux autres pays sondés.
Extension aux pays d’Afrique de l’Ouest
Bien que le Togo, la Côte d’Ivoire et plusieurs autres pays d’Afrique de l’Ouest n’aient pas été inclus dans cette étude internationale, il est probable qu’ils partagent nombre des traits culturels et sociaux identifiés. L’extraversion, l’autonomie, l’ouverture d’esprit et la recherche du plaisir sont des valeurs que l’on retrouve largement chez les jeunes de cette région. Ces similitudes laissent penser que la notion de coolitude pourrait s’y exprimer selon des codes proches de ceux observés au Nigeria et en Afrique du Sud, tout en intégrant les particularités propres à chaque pays.
Pourquoi cette étude est importante
Cette convergence mondiale autour de la coolitude n’est pas anodine. Elle suggère que le cool fonctionne comme un langage social global, véhiculant des valeurs comme la liberté, la nouveauté, l’influence ou l’audace. Être cool, c’est souvent être en avance sur les autres, introduire de nouveaux comportements, styles ou idées — dans la mode, la musique, mais aussi dans le leadership ou l’activisme.
Les individus perçus comme cool agissent comme des influenceurs culturels, que ce soit à travers leur apparence ou leur comportement. Ils deviennent des modèles à suivre. En comprenant ce qui les rend cool, on peut aussi mieux comprendre comment inspirer ou fédérer des communautés, en particulier les jeunes.
La coolitude n’est plus une énigme réservée aux sociologues ou aux publicitaires. C’est un indicateur culturel qui traverse les continents. Et la bonne nouvelle, c’est qu’elle ne dépend ni de l’argent ni de la célébrité. Être cool, aujourd’hui, c’est surtout être audacieux, ouvert, fidèle à soi-même.
Dans un monde où les valeurs s’entrecroisent, où les styles se mélangent, la vraie question est peut-être : et vous, qu’est-ce qui vous rend cool ?
La Rédaction

