L’Union européenne vient de franchir une nouvelle étape dans sa volonté de durcir les politiques migratoires. Ce mercredi, la Commission européenne a présenté une liste de sept pays qualifiés de « sûrs », parmi lesquels figurent la Tunisie, le Maroc, la Colombie, l’Inde, l’Égypte, le Bangladesh et le Kosovo. L’objectif affiché : accélérer le traitement des demandes d’asile en écartant plus rapidement celles jugées infondées.
Limiter les arrivées jugées abusives
En qualifiant ces pays de « sûrs », Bruxelles estime que leurs ressortissants ne relèvent pas du droit d’asile, sauf exception. Cette catégorisation permettra aux États membres de l’Union d’examiner leurs demandes plus rapidement et de procéder à des expulsions dans des délais réduits. Une orientation saluée par l’Italie, qui milite depuis plusieurs mois pour une harmonisation des règles européennes sur les pays d’origine jugés non à risque.
Vers une approche commune des États membres
À l’heure actuelle, plusieurs États appliquent déjà leur propre liste nationale : la France, par exemple, inclut la Serbie, la Mongolie ou encore le Cap-Vert. Mais cette disparité encourage les demandeurs à cibler les pays aux critères les plus souples. Avec cette initiative, Bruxelles espère empêcher les stratégies de contournement en imposant une base commune. « Cette liste est dynamique, elle pourra évoluer en fonction de l’état des droits humains dans les pays concernés », a précisé Markus Lammert, porte-parole de la Commission.
Une décision critiquée par les ONG
Du côté des organisations de défense des droits humains, la réaction est plus que mitigée. Plusieurs ONG dénoncent une logique d’exclusion déguisée qui risque de mettre en péril des personnes vulnérables. La Commission européenne, elle, assure que « les garanties fondamentales pour les demandeurs resteront bien en place ».
Une validation politique encore incertaine
Pour entrer en vigueur, la liste devra être approuvée par le Parlement européen et par les États membres. Un précédent projet similaire, en 2005, avait échoué, notamment à cause de l’opposition à l’inclusion de la Turquie. Cette fois encore, le débat s’annonce tendu, tant la définition d’un « pays sûr » peut varier selon les intérêts et sensibilités diplomatiques.
Une extension automatique aux pays candidats
Autre point notable : les pays actuellement candidats à l’adhésion à l’UE – comme l’Ukraine, la Serbie ou la Turquie – seront automatiquement ajoutés à cette liste. Une clause qui pourrait s’avérer problématique au regard de la situation sécuritaire ou des atteintes aux droits humains dans certains de ces États.
En pleine recomposition politique interne et sous la pression de plusieurs gouvernements, Bruxelles semble donc vouloir imposer un tournant sécuritaire à l’échelle continentale. Reste à voir si cette approche parviendra à faire consensus au sein d’une Union souvent divisée sur la question migratoire.
La Rédaction

