L’opposant ougandais affirme craindre pour sa vie, tandis que le climat politique se dégrade à l’approche du scrutin
À moins de six mois des élections présidentielles prévues pour janvier 2026, le climat politique en Ouganda devient de plus en plus instable. Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom de Bobi Wine, principal opposant au président sortant Yoweri Museveni, affirme être la cible de menaces croissantes. Il redoute pour sa sécurité, mais aussi pour celle de ses partisans.
« La situation est allée de mal en pis à tous égards. Les menaces sur ma vie se sont multipliées », alerte-t-il.
Des attaques directes et un climat de peur
Depuis plusieurs mois, Bobi Wine dénonce un harcèlement politique de plus en plus visible, notamment par le biais des réseaux sociaux. Il accuse notamment Muhoozi Kainerugaba, chef de l’armée et fils du président Museveni, de fomenter un climat d’intimidation ciblée. Ce dernier est d’ailleurs présenté par beaucoup comme l’héritier désigné du régime.
Dans la région de Karamoja, un militant proche de Bobi Wine aurait été abattu, selon l’opposant, « de plus de 150 balles », un acte qu’il interprète comme une tentative d’intimidation. Enlèvements, arrestations arbitraires, violences : l’opposition décrit une atmosphère d’oppression visant à museler toute contestation.
Une candidature malgré tout
Malgré cette pression, Bobi Wine confirme sa volonté de se présenter de nouveau face à Museveni, qui dirige l’Ouganda depuis 1986. Il estime que le changement passera par les urnes, même si le processus électoral actuel est profondément vicié, selon lui.
« Museveni ne sera pas destitué par le seul vote. Mais nous devons obtenir la légitimité du peuple. […] Je ne découragerai jamais les gens de voter », affirme-t-il.
Des précédents contestés
Lors de la dernière élection en 2021, Museveni avait officiellement remporté 58 % des voix, contre 35 % pour Bobi Wine. Ce dernier avait alors rejeté les résultats, dénonçant une fraude massive et une militarisation du processus électoral.
Une opposition en mutation
Loin de se résigner, Bobi Wine affirme que malgré les menaces, son mouvement gagne en adhésion et en détermination. Il mise sur la jeunesse ougandaise, très présente dans ses rangs, pour changer le cours de l’histoire politique du pays.
La Rédaction

