Une coalition conduite par la Colombie et l’Afrique du Sud appelle à rompre toute complicité avec les actions israéliennes à Gaza.
Bogota, Colombie — C’est dans la capitale andine, haut perchée sur les plateaux de Cundinamarca, que s’est tenue l’une des initiatives diplomatiques les plus marquantes du Sud global en soutien à la Palestine. À mi-juillet 2025, une coalition de plus de trente États venus d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie s’est réunie à l’invitation de la Colombie et de l’Afrique du Sud, dans le cadre du « Groupe de La Haye pour la Palestine ».
Si tous n’ont pas signé la déclaration finale, douze pays ont franchi un cap symbolique en annonçant des sanctions diplomatiques, économiques et juridiques contre l’État d’Israël. Objectif : briser, selon leurs termes, « les liens de complicité avec la campagne de dévastation menée en territoire palestinien ».
Une offensive diplomatique du Sud global
Le ton a changé. Longtemps cantonné aux déclarations de principe, le soutien à la cause palestinienne dans le Sud global prend désormais la forme d’actions concertées. Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits humains en Palestine, a salué une dynamique « historique ». Elle était présente à Bogota pour appuyer les démarches des États réunis.
Parmi les signataires de la déclaration finale figurent la Colombie, l’Afrique du Sud, la Bolivie, le Bangladesh, le Venezuela et la Namibie. Tous s’engagent à examiner leurs relations bilatérales avec Israël, à appuyer les procédures devant la Cour internationale de justice (CIJ) et à mettre en œuvre des restrictions économiques ciblées.
Des sanctions aux mobilisations populaires
Au-delà des salons ministériels, la rue a fait entendre sa voix. À Bogota, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés aux abords du ministère colombien des Affaires étrangères. Keffiehs autour du cou, pancartes en main, les militants ont crié leur solidarité avec le peuple palestinien, mêlant slogans traditionnels de la gauche latino-américaine et dénonciations de l’« impunité israélienne ».
Pour certains États présents, ce tournant marque un repositionnement géopolitique : reconquérir une autonomie diplomatique face aux pays du Nord, souvent jugés complaisants vis-à-vis d’Israël. La diplomatie sud-africaine, en particulier, s’est montrée offensive ces derniers mois, notamment devant la CIJ, où Pretoria accuse Israël de violations graves du droit international.
Une riposte à la paralysie internationale
Cette rencontre intervient dans un contexte d’enlisement des négociations à l’ONU. Pour nombre de participants, la passivité du Conseil de sécurité sur la situation à Gaza justifie l’adoption de mesures unilatérales. « Quand les grandes puissances ferment les yeux, il revient aux peuples et aux États épris de justice d’agir », a déclaré la chancelière colombienne, María Ángela Holguín, en clôture de la réunion.
Le « Groupe de La Haye pour la Palestine » espère désormais s’élargir. D’autres pays d’Asie et d’Afrique sont attendus lors des prochaines sessions. Un comité permanent doit être créé pour assurer le suivi des sanctions et coordonner les actions futures.
La Rédaction

