Au cœur de l’Afrique centrale, le Congo-Brazzaville abrite l’une des plus vastes étendues de forêts tropicales au monde, couvrant plus de 60 % de son territoire. Pourtant, ce précieux patrimoine naturel est confronté à plusieurs défis qui menacent sa durabilité. Pour en débattre, un forum réunissant acteurs du secteur privé, représentants des communautés locales, ONG et autorités publiques se tient actuellement à Brazzaville.
Des enjeux complexes pour un écosystème fragile
Bien que les forêts du bassin du Congo soient relativement préservées comparées à d’autres régions forestières mondiales, la pression humaine grandit. Les intervenants ont souligné des problématiques majeures : la difficulté d’assurer le respect du consentement libre, informé et préalable (CLIP) des populations locales, souvent marginalisées dans les décisions qui les concernent. À cela s’ajoute une faiblesse dans le respect des droits sociaux des travailleurs du secteur forestier, ainsi qu’une participation encore limitée du secteur privé dans la gouvernance des ressources naturelles.
Un autre point critique demeure l’insuffisance des contrôles sur le terrain, qui réduit l’efficacité des mesures contre l’exploitation illégale.
Vers une gestion concertée et inclusive
Nina Kiyindou, de l’Observatoire congolais des droits de l’homme, insiste sur l’importance de ces échanges : « Ce type de concertation, impliquant tous les acteurs concernés — administrations, entreprises, communautés autochtones — est indispensable pour élaborer des recommandations solides et adaptées. »
Valoriser localement pour protéger durablement
Face à la surexploitation, la transformation locale du bois devient une priorité. Depuis 2023, l’exportation du bois brut est interdite afin de stimuler l’industrie locale, créer des emplois et limiter la déforestation. Ce virage industriel représente une piste prometteuse pour concilier développement économique et préservation de l’environnement.
La Rédaction

