Les prix des légumes explosent à Lomé. Sur les étals, même les produits traditionnellement abondants en saison deviennent inabordables. En cause : des difficultés structurelles qui pèsent lourd sur les chaînes d’approvisionnement.
Dans les marchés de la capitale togolaise, la flambée est visible. Le panier de tomates, conditionné à 150 kg, coûte désormais plusieurs dizaines de milliers de francs CFA dès le champ. Transport, manutention et pertes s’ajoutent ensuite, faisant grimper les prix jusqu’à des niveaux qui étranglent commerçants et clients.
Les raisons sont multiples : défaut d’irrigation, manque de stockage, infrastructures vieillissantes, et surtout absence d’une politique efficace de soutien à la production hors saison. Les producteurs ne disposent ni de retenues d’eau fonctionnelles ni de programmes d’accompagnement pour la culture maraîchère en période sèche. Cela limite les volumes et aggrave la dépendance aux conditions climatiques.
Certaines zones du pays, notamment dans le nord, fournissent une bonne partie des légumes acheminés vers Lomé. Mais avec l’insécurité grandissante dans certaines régions frontalières, les circuits d’approvisionnement en provenance des pays voisins sont désormais évités, mettant davantage de pression sur les ressources locales.
Dans un contexte aussi contraint, l’appel est clair : il faut renforcer les capacités de production nationale. Des exemples régionaux montrent qu’avec des barrages bien entretenus, des équipements d’irrigation accessibles et un soutien aux intrants agricoles, il est possible d’assurer une disponibilité continue des produits, même en contre-saison.
Ce n’est pas uniquement une question de production, mais un enjeu de souveraineté alimentaire.Tant que les producteurs resteront isolés face aux aléas du climat et du marché, les consommateurs continueront à subir les hausses. À terme, la solution passe par des investissements structurants et des politiques publiques claires, capables de sécuriser les filières et de stabiliser les prix.
La Rédaction

