Le 17 juillet 2025 marque un tournant symbolique : la France remet officiellement sa dernière base militaire au Sénégal. Le camp Geille, situé dans le quartier Ouakam à Dakar, passe sous le contrôle exclusif de l’armée sénégalaise, signant la fin d’une présence militaire permanente qui remontait à l’époque coloniale.
Une page d’histoire qui se tourne
Implantée au cœur de la capitale, la base militaire de Geille s’étend sur cinq hectares et était la plus vaste des six emprises françaises encore présentes à Dakar. Elle représentait également le dernier vestige militaire français en Afrique de l’Ouest, après la fermeture des bases au Tchad et en Côte d’Ivoire plus tôt en 2025.
Pour le professeur d’histoire Mor Ndiaye, de l’université Cheikh Anta Diop, cette transition revêt une importance particulière :
« Des éléments militaires présents depuis le XIXe siècle, consolidés depuis 150 ans, soient remis en question constitue tout un symbole. »
Une coopération militaire en constante évolution
Depuis 1960, année de l’indépendance du Sénégal, la coopération avec l’armée française a connu plusieurs phases. Initialement conçue pour aider à la construction de l’armée sénégalaise et assurer sa défense, elle a évolué en 2011 pour se concentrer sur la formation et les entraînements conjoints.
Le changement politique survenu avec l’arrivée du parti Pastef au pouvoir a accéléré le processus. Dès décembre 2025, le président sénégalais a demandé la fermeture de toutes les bases militaires étrangères sur le territoire. Une commission mixte franco-sénégalaise a alors été chargée d’organiser les rétrocessions, amorcées en mars 2025.
Un partenariat repensé, mais maintenu
Malgré ce retrait, les autorités sénégalaises et françaises insistent : il ne s’agit pas d’une rupture, mais d’une reconfiguration de la coopération militaire. L’armée française interviendra désormais ponctuellement, à la demande de Dakar, dans des domaines ciblés comme la surveillance maritime ou la lutte contre la cybercriminalité.
Ce nouveau modèle repose sur des missions de formation modulables, sans présence permanente sur le sol sénégalais.
Un retrait aux implications régionales
Avec cette rétrocession, la France clôt définitivement sa présence militaire permanente en Afrique de l’Ouest. Ne subsistent désormais qu’une emprise franco-gabonaise à Libreville et une base stratégique à Djibouti, point névralgique de sa présence en Afrique.
La Rédaction

