RABAT – Le 15 juillet 2025 s’est achevée la 3ᵉ édition de l’Africa Economic Symposium (AES), organisée dans la capitale marocaine par le Policy Center for the New South. Deux jours de débats intenses ont permis à des décideurs publics, experts et entrepreneurs de repenser les leviers économiques du continent face aux secousses géoéconomiques mondiales.
Sur le thème « Des choix audacieux face aux mutations mondiales », l’édition 2025 du Symposium a mis en lumière les urgences stratégiques d’une Afrique confrontée à une inflation persistante, au ralentissement des flux d’investissement, à la crise climatique et à des tensions croissantes sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Cinq priorités structurantes
L’événement s’est articulé autour de cinq axes structurants, largement débattus lors des panels et interventions :
• Financement de la transition verte et énergétique : L’Afrique, particulièrement vulnérable au changement climatique, cherche à construire des infrastructures durables tout en conservant une stabilité macroéconomique fragile.
• Réformes fiscales et mobilisation des ressources internes : L’accès plus coûteux au crédit international pousse les États africains à renforcer leurs capacités fiscales et à élargir leur base de recettes domestiques.
• Intégration économique régionale et industrialisation : La mise en œuvre de la ZLECAf entre dans une phase critique, mais reste menacée de stagnation sans projets industriels communs.
• Inclusion financière et transformation numérique : Si la digitalisation promet des gains de productivité, elle exige aussi des réponses aux risques de fragmentation technologique et aux défis de cybersécurité.
• Nouveaux partenariats de développement : Le Symposium a insisté sur la nécessité de redéfinir les rapports avec les bailleurs de fonds internationaux et de développer des formes alternatives de financement, notamment Sud-Sud.
Une réponse africaine aux déséquilibres mondiaux
Dans un monde marqué par la reconfiguration des alliances économiques (BRICS élargi, rivalités sino-américaines) et la montée des taux d’intérêt mondiaux, les participants ont souligné que l’Afrique ne pouvait plus se contenter de discours. L’objectif commun affiché à Rabat : transformer les promesses de financement climatique et de soutien au développement en projets concrets et autonomes.
Un moment phare du Symposium a été la présentation de la 6e édition du Rapport annuel sur l’économie de l’Afrique, publication de référence du Policy Center, qui regroupe les contributions de plus de 30 chercheurs du continent et d’ailleurs. Ce rapport servira de base pour orienter les décisions politiques et économiques dans les mois à venir.
Ce troisième Africa Economic Symposium s’est imposé comme un espace de dialogue structurant pour une Afrique qui ne veut plus subir, mais construire ses propres trajectoires de croissance. À l’issue des travaux, un appel a été lancé pour des politiques publiques audacieuses, adaptées aux réalités du continent et résolument tournées vers l’innovation, l’industrialisation, et la souveraineté financière.
La Rédaction

