Le Grand Barrage de la Renaissance Éthiopienne (GERD) est achevé : une inauguration historique prévue en septembre
Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé une étape décisive pour le continent africain : le Grand Barrage de la Renaissance Éthiopienne (GERD) est désormais achevé. Après plus d’une décennie de travaux et un investissement de 4 milliards de dollars, le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique sera officiellement inauguré en septembre 2025.
Un projet phare pour l’Éthiopie et le continent
Avec une capacité de production de plus de 5 000 mégawatts, le GERD double quasiment la capacité électrique actuelle de l’Éthiopie, un pays où près de 50 % de la population vit encore sans accès à l’électricité. Le barrage, long de 1,8 kilomètre, peut stocker jusqu’à 74 milliards de mètres cubes d’eau, ce qui en fait l’un des plus imposants réservoirs d’Afrique.
Pour les autorités éthiopiennes, ce projet n’est pas seulement une prouesse technique, mais un symbole de souveraineté et de développement durable. Il s’inscrit au cœur du programme d’électrification nationale, tout en ouvrant des perspectives énergétiques pour toute la région.
Invitation à une célébration panafricaine
Devant les députés éthiopiens, le Premier ministre Abiy Ahmed a lancé une invitation officielle aux peuples et gouvernements d’Égypte, du Soudan et de tous les pays du bassin du Nil à assister à l’inauguration de ce qu’il qualifie de “projet africain partagé”. Il a insisté :
« Le GERD n’est pas une menace, mais une opportunité. Une source d’énergie, de coopération et de prospérité collective. »
Selon lui, l’Éthiopie reste déterminée à assurer que ce développement ne nuise à aucun pays voisin, notamment l’Égypte et le Soudan, avec qui les tensions persistent depuis plusieurs années.
Une réponse aux inquiétudes régionales
Depuis son lancement en 2011, le GERD a été au cœur de vifs différends diplomatiques entre l’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan, ces deux derniers craignant une réduction du débit du Nil en aval. Mais Addis-Abeba tient à rassurer.
« Le barrage d’Assouan en Égypte n’a jamais perdu une seule goutte d’eau à cause du GERD », a affirmé Abiy Ahmed.
Il ajoute que le barrage bénéficiera aussi aux pays voisins, en fournissant de l’énergie renouvelable bon marché et en soutenant les efforts de lutte contre la pauvreté énergétique à l’échelle régionale.
Tibor Nagy salue une étape majeure
L’ancien sous-secrétaire d’État américain aux Affaires africaines, Tibor Nagy, a salué sur les réseaux sociaux la détermination de l’Éthiopie et a qualifié l’achèvement du GERD de « moment de fierté nationale ». Il a plaidé pour un accord régional, soulignant que le barrage devait être un levier de coopération régionale, et non une source de conflit.
Un tournant pour l’Afrique
Avec le GERD, l’Éthiopie s’impose comme un acteur stratégique de la transition énergétique africaine, au moment où le continent cherche à renforcer son autonomie énergétique tout en répondant aux défis climatiques.
L’inauguration officielle en septembre 2025 ne sera pas seulement une cérémonie nationale. Elle marquera un tournant continental, symbolisant la capacité de l’Afrique à mener des projets d’envergure et à définir son propre modèle de développement intégré.
La Rédaction

