Le président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), Samuel Eto’o, est à nouveau dans la tourmente. Une plainte pour corruption et détournement de fonds a été déposée contre lui par Guibai Gatama, membre du comité exécutif de la fédération. Au cœur de cette affaire, une somme de 455 000 euros versée par la Fédération russe de football, supposée destinée à la Fécafoot, mais qui aurait transité par un compte personnel attribué à Eto’o.
Une transaction opaque révélée par des documents internes
Lundi 23 juin, Guibai Gatama a saisi la commission d’éthique de la Fécafoot, s’appuyant sur des documents financiers récemment divulgués. Ces pièces attesteraient d’un versement effectué en 2023 par la Russie pour un match amical contre les Lions indomptables. Mais, contrairement aux procédures habituelles, cet argent — environ 300 millions de francs CFA — aurait été viré non pas sur les comptes de la fédération, mais sur un compte personnel identifié comme appartenant à Samuel Eto’o.
Une justification qui divise
Une source proche de la direction de la Fécafoot reconnaît que la transaction a bien eu lieu, mais affirme qu’elle a été validée par le “comité d’urgence” de l’institution. Selon cette version, les conditions géopolitiques particulières — sanctions internationales visant la Russie depuis 2014, renforcées en 2022 avec la guerre en Ukraine — auraient justifié cette méthode inhabituelle.
L’argent aurait, selon cette même source, été ultérieurement reversé sur le compte de la Fécafoot, bien que ni la date précise du reversement ni les preuves documentaires n’aient pour l’instant été rendues publiques.
Une nouvelle crise dans le football camerounais
Cette plainte vient s’ajouter à une série de polémiques et de contestations internes qui minent la gouvernance du football camerounais depuis l’arrivée de Samuel Eto’o à la tête de la Fécafoot en décembre 2021. L’ancienne légende du FC Barcelone, adulée sur les pelouses, fait aujourd’hui face à une opposition croissante au sein même de son exécutif.
La commission d’éthique, saisie officiellement, est désormais chargée de faire la lumière sur cette affaire. Mais dans un contexte où les luttes de pouvoir sont fréquentes et les règlements internes souvent fragiles, le processus s’annonce aussi sensible que politique.
La Rédaction

