La multinationale pétrolière Shell fait face à une décision judiciaire sans précédent : la Haute Cour de Londres a statué qu’elle pouvait être tenue légalement responsable des marées noires survenues dans le delta du Niger. Cette décision ouvre la voie à un procès de grande envergure prévu pour 2027, porté par les communautés de Bille et d’Ogale, dans l’État de Rivers, au Nigeria.
Une pollution vieille de plusieurs décennies
Les plaignants affirment que les infrastructures de Shell, aujourd’hui en grande partie transférées à une ex-filiale nigériane, sont à l’origine d’une pollution chronique ayant affecté leurs terres, leur santé et leurs moyens de subsistance. Ils dénoncent une dégradation environnementale étalée sur plusieurs décennies, accusant le géant pétrolier de n’avoir jamais procédé au nettoyage des zones touchées.
Shell tentait d’échapper à la justice
L’entreprise avait plaidé l’irrecevabilité des plaintes au motif qu’elles dépassaient le délai légal de cinq ans. Mais la Haute Cour a estimé que l’absence de dépollution continue de produire des effets juridiques, ce qui pourrait constituer une violation toujours en cours du droit environnemental. Cette décision ouvre un précédent judiciaire important dans le domaine de la responsabilité écologique à long terme.
Vers un procès historique en 2027
Le procès, prévu pour début 2027, portera sur deux volets : l’échec présumé de Shell à décontaminer les sites pollués, et sa responsabilité dans les marées noires causées par des actes de sabotage criminel. Les juges devront déterminer si la compagnie a fait preuve de négligence, voire de complicité, dans ces actes, fréquents dans le delta du Niger, où les installations pétrolières sont régulièrement la cible d’actes de vandalisme.
Un enjeu environnemental et juridique majeur
Cette affaire pourrait redéfinir la manière dont les multinationales sont tenues comptables de leurs activités dans les pays du Sud. Si Shell est jugée responsable, cela ouvrirait la voie à des réparations financières et à des obligations concrètes de nettoyage. Pour les communautés affectées, ce serait une reconnaissance attendue depuis longtemps.
La décision de la Haute Cour britannique représente un tournant dans la lutte pour la justice environnementale. Elle montre qu’aucune entreprise, aussi puissante soit-elle, n’est à l’abri de rendre des comptes, même des années après les faits. Le procès prévu en 2027 sera scruté de près par les défenseurs de l’environnement et les juristes du monde entier.
La Rédaction

