Alors que l’Iran encaisse une série de frappes israéliennes d’une intensité inédite depuis Tabriz jusqu’à Natanz, une question traverse les chancelleries : où est passé l’allié russe ? Malgré un traité de partenariat stratégique signé en grande pompe en janvier 2025, Moscou reste spectatrice, appelant à la retenue, sans engager le moindre avion ni soldat. L’alliance entre les deux puissances montre ses limites.
Un accord global… mais sans clause de défense
Signé à Moscou le 17 janvier 2025, le « Traité de partenariat stratégique global » entre l’Iran et la Russie promettait un rapprochement tous azimuts : coopération énergétique, cybersécurité, lutte antiterroriste, commerce, et même collaboration militaire. Un partenariat sur 20 ans, validé par les parlements des deux pays.
Mais en réalité, le texte n’inclut aucune obligation d’assistance militaire mutuelle. Il n’a jamais été conçu comme un traité de défense, à la manière de l’OTAN. Moscou, tout en condamnant les frappes israéliennes, ne bougera pas militairement.
Le Kremlin prudent et calculateur
La Russie est certes un partenaire stratégique de Téhéran, surtout depuis la guerre en Ukraine où les drones iraniens Shahed ont soutenu l’effort de guerre russe. Mais cela ne suffit pas à créer une solidarité militaire automatique. Moscou tient à ménager ses relations avec Israël, qui lui permettent notamment d’opérer en Syrie sans affrontement direct avec Tsahal.
En outre, Vladimir Poutine semble vouloir jouer le rôle de médiateur régional, en appelant à la désescalade, plutôt qu’à l’escalade. Le Kremlin cherche à préserver une image d’arbitre raisonnable, utile à toutes les parties, plutôt que celle d’un belligérant.
Une alliance asymétrique
Dans cette relation, l’Iran donne plus qu’il ne reçoit. Fourniture d’armes à Moscou, appuis diplomatiques, soutien à la Russie dans les enceintes internationales… En retour, Téhéran n’obtient guère plus que des déclarations de soutien et quelques accords économiques. Le déséquilibre est manifeste.
Loin d’être une alliance inconditionnelle, le partenariat russo-iranien s’apparente à un jeu d’intérêts croisés, dicté par les circonstances. Un lien tactique, pas stratégique au sens fort.
Silence armé
Pendant que les drones israéliens frappent des sites sensibles iraniens, Moscou garde ses bombardiers au sol. Et l’Iran, pourtant théoriquement renforcé par cet accord, se retrouve seul sur le front.
La crise actuelle révèle ce que l’accord signé en janvier ne disait pas : dans l’épreuve, l’Iran ne peut compter que sur lui-même.
La Rédaction

