Le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) s’inquiète d’une montée en puissance des groupes jihadistes dans le Sahel, une conséquence directe du retrait militaire américain du Niger en 2024. Une alerte lancée par le général Michael Langley, chef d’AFRICOM, en marge d’une réunion stratégique tenue à Nairobi.
Une région fragilisée par un vide sécuritaire
Lors d’une conférence de presse en ligne organisée en marge de la Conférence des chefs d’état-major africains, le général Langley a dressé un constat inquiétant. Depuis le retrait américain, ordonné à la demande du régime militaire nigérien dirigé par le général Abdourahmane Tiani, les attaques jihadistes se multiplient. Elles sont plus fréquentes, plus complexes et touchent désormais plusieurs pays, du Niger au Nigéria, en passant par le Mali et le Burkina Faso.
Une dynamique terroriste en mutation
Selon Langley, cette recrudescence est alimentée par trois facteurs principaux : la frustration sociale persistante dans certaines zones rurales, la prolifération incontrôlée des armes et l’émergence de groupes armés transfrontaliers de plus en plus organisés. Le retrait des troupes américaines a également réduit les capacités de surveillance aérienne et de renseignement de Washington dans la région, affaiblissant ainsi la riposte rapide face aux menaces.
Le Nigéria en première ligne
Interrogé sur les récentes attaques d’ampleur au Nigéria et dans le Sahel, le général Langley a parlé d’« incidents d’une brutalité inquiétante ». Malgré ce contexte tendu, il a salué la résilience de l’armée nigériane, qu’il qualifie de « l’une des plus efficaces de la région », tout en réaffirmant le soutien des États-Unis à son égard.
Une coopération sur demande et dans le respect de la souveraineté
Langley a tenu à rappeler que l’assistance d’AFRICOM, qu’il s’agisse de lutte contre Boko Haram, contre l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ou face aux menaces maritimes dans le golfe de Guinée, se fait exclusivement à la demande des États concernés. Les États-Unis agissent « avec et non pour » leurs partenaires africains, dans le respect de leur souveraineté nationale.
Un partenariat stratégique renforcé avec le Nigéria
Le général Langley a mis en avant les relations solides avec Abuja, mentionnant les visites de haut niveau, les ventes d’équipements militaires, la formation au droit international humanitaire, ainsi que les échanges de renseignements. Il a également salué la participation active du Nigéria à l’exercice naval multinational Obangame Express, symbole de son rôle de puissance stabilisatrice dans la région.
Le retrait américain du Niger marque une inflexion stratégique dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Pour AFRICOM, l’heure est à la vigilance, au renforcement des partenariats existants et à l’adaptation face à un ennemi de plus en plus mobile et structuré. Le général Langley n’a laissé aucun doute : l’engagement américain en Afrique subsaharienne reste fort, mais il s’inscrit désormais dans une logique de coopération ciblée, respectueuse et conditionnée.
La Rédaction

