Une coopération sans précédent entre les forces de sécurité togolaises et ghanéennes a permis, mercredi 14 mai 2025, l’extradition d’Adinda Abdul Mujibu, figure centrale du banditisme transfrontalier. Recherché pour une série de braquages violents ayant secoué Accra entre 2022 et 2024, ce ressortissant ghanéen a été arrêté à Lomé après plusieurs mois de traque.
Un réseau criminel affaibli par une synergie sécuritaire régionale
Surnommé « l’homme aux mille visages » pour ses multiples identités (Rashid Bawa, Maxwell, Papa Rich, Dawa), Mujibu sévissait notamment dans les quartiers huppés d’East Legon, Cantonments et Airport Residential Area. Ses attaques, souvent orchestrées avec son complice Alidu Mazuk — arrêté en septembre 2024 — se distinguaient par leur brutalité et leur coordination méthodique.
L’enquête a franchi une dimension régionale début 2025, lorsque des éléments ont permis de localiser Mujibu au Togo. Un mandat d’Interpol délivré par le Ghana a facilité son identification. Le 10 janvier, les forces de sécurité togolaises l’ont appréhendé, découvrant qu’il détenait frauduleusement des documents d’identité ghanéens et togolais.
Une extradition menée avec rigueur et coordination
Détenu pendant quatre mois au Togo, Mujibu a été officiellement remis aux autorités ghanéennes le 14 mai. La procédure d’extradition, conforme aux législations des deux pays, a été saluée comme exemplaire. Une délégation de haut niveau, comprenant des responsables de la police criminelle ghanéenne, s’est rendue à Lomé à bord d’un avion militaire pour assurer son transfert. La cérémonie de remise s’est tenue en présence de représentants de l’ambassade du Ghana, renforçant le message d’un front commun contre le crime organisé.
Vers un nouveau modèle de sécurité transfrontalière
La commissaire Lydia Yaako Donkor, cheffe du CID (Criminal Investigations Department) du Ghana, a qualifié cette opération de « jalon important dans la lutte contre les réseaux criminels qui déstabilisent notre région ». Son homologue togolais, le commissaire principal ASI Elo Ani, a insisté sur « la nécessité d’une vigilance partagée et d’un engagement mutuel face aux défis sécuritaires qui nous concernent tous ».
Les deux pays appellent désormais leurs citoyens à une coopération active avec les forces de l’ordre, soulignant que ce succès est le fruit d’un partenariat international efficace. L’affaire Mujibu pourrait bien servir de modèle pour de futures opérations conjointes en Afrique de l’Ouest, où la criminalité transnationale demeure une menace persistante.
La Rédaction

