Le 27 mai 2025, la capitale togolaise accueillera un forum économique stratégique, reflet des ambitions turques de renforcer leur présence sur le continent africain. Organisé par le World Cooperation Industries Forum (WCI Forum), ce sommet entend dynamiser les échanges entre entrepreneurs turcs et acteurs économiques ouest-africains, avec un accent particulier sur le Togo, désormais perçu comme un hub régional en pleine montée en puissance.
Une plateforme pour des partenariats durables
Plus de trente entreprises turques, issues des secteurs de l’agroalimentaire, des infrastructures et des technologies, sont attendues à Lomé. L’événement se veut un laboratoire de partenariats innovants, visant à dépasser les simples échanges commerciaux pour initier des projets industriels et technologiques alignés avec les priorités nationales, notamment le Plan national de développement(PND 2025).
Une diplomatie économique assumée
Ce forum s’inscrit dans la continuité du sommet Turquie-Afrique de 2021, au cours duquel Ankara avait annoncé son intention de doubler ses investissements sur le continent. « La Turquie mise sur une diplomatie économique proactive. Le Togo, grâce à sa stabilité politique et à ses réformes pro-business, constitue un partenaire stratégique pour pénétrer l’Afrique de l’Ouest », analyse un expert basé à Lomé.
Au-delà du commerce : des enjeux géopolitiques
Au-delà des retombées économiques directes – création d’emplois, transfert de compétences, renforcement des chaînes de valeur – ce forum révèle une compétition croissante entre puissances émergentes actives en Afrique de l’Ouest, notamment les Émirats arabes unis et la Chine. La Turquie, elle, déploie un soft power singulier, entre héritage historique – avec des références à l’époque ottomane – et engagement moderne, à travers des accords de coopération militaire, éducative et technique.
Diversification économique et repositionnement stratégique
Pour le Togo, cette rencontre représente une occasion de diversifier ses sources d’investissement au-delà des secteurs traditionnels comme le phosphate et le coton. « Nous voulons positionner Lomé comme un carrefour incontournable pour les investisseurs visant l’hinterland ouest-africain », affirme un membre du cabinet ministériel.
À travers ce forum, Lomé et Ankara esquissent les contours d’une coopération fondée sur des intérêts mutuels clairement négociés. Une voie que pourraient suivre d’autres pays africains en quête de partenariats équilibrés et durables.
La Rédaction

