L’opposition togolaise, après avoir saisi la cour de justice de la CEDEAO pour contester le changement constitutionnel au Togo sans succès, se refuse de chercher des soutiens auprès des pays de l‘AES. Elle doute de la sincérité de leur panafricanisme.
Lors d‘un débat dans l’émission ÉCHO DU TOGO sur la chaîne panafricaine VOXAFRICA, Gnimdewa ATAKPAMAdu front « Touche pas à ma constitution » répondant à la question du présentateur sur le choix de l’opposition togolaise en termes de soutien diplomatique dans une sous-région fissurée en deux blocs où l‘on retrouve d‘un côté l‘AES et de l‘autre la CEDEAO que l’opposition accuse de « trahir le peuple togolais ». Au sujet de l‘AES en prenant exemple sur le Burkina Faso, il déclare : « si nous prenons le Burkina Faso, c‘est un militaire qui est au pouvoir. Il est arrivé par un coup d‘Etat militaire. Il a promis à son peuple de travailler à lutter contre le terrorisme et il avait donné un délai. Aujourd’hui il n‘est pas arrivé à satisfaire son peuple et il a muselé beaucoup de gens qui sont dissidents parce qu‘il y a cette théorie de cinquième colonne. Pour tous ceux qui ne sont pas d‘accord on dit qu‘ils sont des valets locaux de l’impérialisme. Il y a une diplomatie du soupçon permanent qui est d‘accuser tous les voisins de tous les maux. Comment peut-on être panafricaniste et faire en sorte d’être toujours divisé avec d‘autres africains ? »
Les points 20 et 29 du communiqué final de la dernière conférence des chefs d’Etat de la CEDEAO félicite le Togo pour le bon déroulement des élections législatives d’avril, et prend acte du changement constitutionnel opéré au Togo le 25 mars et promulgué le 06 mai 2024, qui fait basculer le pays dans la cinquième République. Cette sortie de la CEDEAO sonne comme un isolement de l’opposition togolaise qui ne peut ni compter sur la CEDEAO ni sur l‘AES. Elle la prend plutôt comme un « badge d’honneur » et préfère s’appuyer sur les forces « du peuple » plutôt que sur des soutiens extérieurs qui pourraient compromettre ses principes démocratiques,selon Gnimdewa ATAKPAMA.
Une opposition isolée et qui assume son isolement tout en multipliant des meetings et manifestations auxquels ne répondent plus les grandes foules des années antérieures,pourra-t-elle arrêter la machine de la Cinquième République lancée au Togo ? Voici la grande question que se poserait tout observateur avisé.
La Rédaction
https://youtu.be/H_iWhFxyKEE : Panafricanisme de l’AES : L’opposition togolaise en doute
