La commune togolaise de Kloto 1, située dans la région des Plateaux, vient de franchir un cap décisif en matière de santé publique. Face à la menace croissante des maladies animales transfrontalières et à la résurgence d’infections dangereuses, elle a renforcé sa vigilance sanitaire. Objectif : anticiper les crises, protéger l’élevage local et éviter toute transmission à l’homme.
Cette mobilisation s’inscrit dans le cadre du programme de formation ISAVET (In-Service Applied Veterinary Epidemiology Training), appuyé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le gouvernement togolais.
Une situation critique pour les éleveurs
Depuis plusieurs années, Kloto 1 fait face à une recrudescence de maladies telles que la peste des petits ruminants, la fièvre aphteuse, la trypanosomiase et la dermatose nodulaire contagieuse. Hautement contagieuses, ces pathologies frappent les troupeaux, causant des pertes économiques considérables pour des familles déjà vulnérables.
Faute de moyens, de formation adaptée et d’un encadrement vétérinaire de proximité, les éleveurs sont souvent impuissants. Cette impasse a provoqué une prise de conscience urgente, portée autant par les autorités que par les communautés locales.
Une réponse structurée et scientifique
Pour répondre à l’urgence, le ministère des ressources halieutiques, animales et de la réglementation de la transhumance a lancé le programme ISAVET, en partenariat avec la FAO. L’objectif est clair : doter les vétérinaires de terrain de compétences en épidémiologie appliquée.
« Ce programme leur permet de repérer rapidement les foyers épidémiques, de comprendre les dynamiques de propagation et d’intervenir efficacement », précise le Dr Lamboni Mateyendou, secrétaire général du ministère. Il insiste également sur l’approche intégrée « Une seule santé », qui lie la santé humaine, animale et environnementale.
Une coopération locale en construction
La mise en œuvre d’ISAVET à Kloto 1 ne repose pas uniquement sur les experts. Elle mobilise aussi les autorités locales, les services déconcentrés des ministères concernés, les techniciens de l’environnement, ainsi que les habitants.
Les populations, directement touchées par les pertes animales ou les risques de zoonoses, jouent un rôle essentiel. Elles participent à la remontée d’informations, signalent les cas suspects et appliquent les mesures préventives.
Un engagement politique fort
Le secrétaire général de la commune, Elessem Lakougnon, se félicite de cette avancée : « Notre détermination à éradiquer les maladies animales est totale. Nous voulons garantir la quiétude sanitaire de nos populations et faire de Kloto 1 un modèle de résilience. »
Un modèle pour le Togo rural
Si le programme ISAVET réussit à Kloto 1, il pourrait être dupliqué dans d’autres localités du Togo confrontées à des défis similaires. La formation, la prévention et la coopération interinstitutionnelle sont au cœur de cette stratégie.
Ce tournant pourrait non seulement sauver des milliers de têtes de bétail, mais aussi protéger les populations humaines de nouvelles pandémies d’origine animale, dans un monde où les zoonoses constituent une menace globale.
La Rédaction

