New Delhi / Islamabad – 10 mai 2025
Après trois semaines de tensions explosives, l’Inde et le Pakistan ont annoncé un accord de cessez-le-feu terrestre, maritime et aérien, effectif à partir de 17h00 ce 10 mai. Cette trêve intervient après une escalade militaire déclenchée par l’attentat terroriste de Pahalgam, dans le Cachemire indien, qui a fait 26 morts parmi les civils le 22 avril dernier.
Une frappe inédite : l’opération Sindoor
En représailles à l’attaque, New Delhi a lancé, le 7 mai, l’opération Sindoor, une frappe militaire de 23 minutes ciblant neuf infrastructures terroristes présumées au Pakistan et dans le Cachemire occupé.
Les avions Rafale de l’armée de l’air indienne ont utilisé des missiles SCALP et des bombes guidées AASM Hammer pour viser des bastions de Jaish-e-Mohammed et Lashkar-e-Taiba, notamment à Bahawalpur et Muridke.
C’est la première fois depuis 1971 que l’Inde franchit la frontière internationale pour une telle opération.
Le Pakistan a répliqué les 8 et 9 mai par des frappes de drones et de missiles visant 26 sites militaires en Inde, de Leh à Sir Creek. Selon les autorités indiennes, ces attaques ont été largement interceptées, et un F-16 pakistanais aurait été abattu. Des échanges d’artillerie lourde ont suivi, causant plusieurs victimes civiles des deux côtés.
Le massacre de Pahalgam : le détonateur
Le 22 avril, cinq hommes armés ont tué 26 civils dans la vallée de Baisaran, près de Pahalgam. Les assaillants ont ciblé des touristes hindous, les forçant à décliner leur religion et à réciter des versets islamiques avant de les abattre.
Parmi les victimes figuraient 25 touristes, venus de différents États indiens et du Népal, et un guide musulman local tué en tentant d’intervenir.
Le Front de résistance (TRF), affilié au Lashkar-e-Taiba, a d’abord revendiqué l’attentat avant de se rétracter, alimentant la suspicion indienne envers Islamabad.
En réaction, New Delhi a gelé le traité des eaux de l’Indus, expulsé des diplomates pakistanais, et fermé ses frontières. Le Pakistan, niant toute implication, a proposé une enquête internationale et suspendu unilatéralement l’accord de Simla de 1972.
Une trêve arrachée par la diplomatie américaine
La sortie de crise a été obtenue grâce à une médiation directe menée par les États-Unis. Le président Donald Trump a annoncé l’accord sur Truth Social, saluant un « cessez-le-feu total et immédiat » obtenu après « une longue nuit de discussions ».
Trump a félicité les deux pays pour leur « intelligence » et leur « sens des responsabilités ».
Le secrétaire d’État Marco Rubio et le vice-président JD Vance ont été au cœur des négociations, menées avec les Premiers ministres Narendra Modi et Shehbaz Sharif.
La Maison Blanche a souligné les « bonnes relations personnelles » du président Trump avec les deux dirigeants, insistant sur la nécessité d’éviter une confrontation nucléaire entre les deux puissances.
Si le cessez-le-feu met fin à la phase active du conflit, les tensions restent vives. L’attaque de Pahalgam a ravivé les cicatrices anciennes d’un contentieux territorial et religieux toujours brûlant, et les initiatives diplomatiques à venir devront aller bien au-delà d’un simple gel des hostilités.
La Rédaction

