Pendant trois jours, du 6 au 8 mai, le Parc des Expositions d’Abidjan s’est transformé en vitrine de l’avenir technologique africain. La première édition du Marché Africain des Solutions Spatiales (MASS), organisée par l’Agence spatiale africaine et Otif Africa Space, a réuni start-up, chercheurs, institutions et curieux autour d’un même objectif : faire du spatial un levier concret de développement sur le continent.
Du foncier à l’agriculture, en passant par la sécurité ou la prévention des inondations, les innovations exposées ont montré la capacité des Africains à répondre localement à des enjeux mondiaux grâce aux données satellitaires. L’exemple de la start-up de Danguiray Chamssoudina, qui utilise des capteurs fluviaux et une application pour anticiper les crues dans les grandes villes, en est une illustration forte : pensée au Niger, sa technologie s’exporte déjà au Burkina Faso, au Cameroun et en Côte d’Ivoire.
Même volonté de transformation chez ModelSis, une entreprise sénégalaise spécialisée dans la modélisation d’informations foncières. « Il ne s’agit pas seulement de moderniser, mais de structurer durablement nos outils », explique Abdel Rakib Ola, son directeur informatique.
Mais le MASS n’a pas été qu’un salon d’affaires. Il a aussi ouvert ses portes aux jeunes : drones géants, simulateurs et ateliers pédagogiques ont émerveillé des centaines de lycéens. Un pari assumé par les organisateurs, comme le souligne Fabrice Irié, commissaire général de l’événement : « L’Afrique ne capte que 0,01 % de l’économie spatiale mondiale. Ce marché veut inverser cette réalité. »
À Abidjan, les prémices d’un réveil spatial africain se sont dessinées. Encore embryonnaire, ce secteur offre déjà des solutions concrètes à des défis vitaux. Reste à faire du ciel non pas une limite, mais une nouvelle frontière de souveraineté et d’innovation.
La Rédaction

