Le Niger fait machine arrière. Le régime militaire de Niamey, en quête d’un cap depuis sa rupture fracassante avec la France, vient de mettre fin à sa coopération en matière de renseignement avec la Russie et la Turquie. Une volte-face discrète mais lourde de sens : elle marque l’échec cuisant de la stratégie post-française vantée après le coup d’État du 26 juillet 2023.
Selon des sources proches du pouvoir, la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE) a dénoncé l’inefficacité des équipements fournis par les partenaires russes et turcs, notamment en matière d’interception téléphonique. Techniciens peu formés, matériel peu fiable : Moscou et Ankara n’ont pas tenu leurs promesses.
Virage marocain, recul précipité
En réaction, Niamey a tenté de se tourner vers une société marocaine spécialisée dans le renseignement numérique, soutenue par l’Arcep. Mais le partenariat a été interrompu dans l’urgence, lorsqu’un lien indirect avec un prestataire privé français a été découvert. Le régime militaire, obsédé par la chasse aux influences occidentales depuis la rupture avec Paris, a immédiatement ordonné le démantèlement du dispositif.
Un isolement croissant
La rupture avec la Russie, pourtant présentée comme un pilier du nouveau tournant diplomatique nigérien, révèle aujourd’hui la fragilité de l’édifice sécuritaire bâti après le départ de la France. Le pays se retrouve isolé, sans partenaires fiables, et confronté à une désobéissance militaire grandissante qui menace l’équilibre interne du régime.
Un pays en crise profonde
Sur le plan humanitaire, la situation est alarmante. Le Niger accueille plus d’un million de réfugiés et déplacés internes, victimes des violences armées qui ravagent le Sahel. L’économie est à l’arrêt, les sanctions régionales pèsent lourd, et les partenaires étrangers se font rares. La junte militaire, qui avait justifié le renversement du président Mohamed Bazoum par une prétendue dégradation sécuritaire, voit aujourd’hui sa stratégie s’enliser dans le vide.
Entre désillusion russe, rejet occidental et incapacité à structurer une alternative africaine solide, le Niger illustre l’échec d’une souveraineté autoproclamée qui peine à se concrétiser.
La Rédaction

