Le Yémen, théâtre de confrontations géopolitiques et humanitaires depuis près d’une décennie, vient de franchir un seuil inattendu. Le mardi 6 mai, le sultanat d’Oman a annoncé un accord de cessez-le-feu entre les rebelles houthis et les États-Unis. Cette trêve marque un tournant diplomatique majeur dans un conflit qui a longtemps débordé les frontières yéménites, perturbant les grandes artères commerciales mondiales.
L’accord survient à l’issue de plusieurs semaines de pourparlers discrets menés par Mascate, médiateur traditionnel entre Téhéran et Washington. Oman a obtenu une entente entre deux camps engagés dans un cycle d’escalade militaire en mer Rouge, notamment autour du stratégique détroit de Bab el-Mandeb.
« Les efforts ont abouti à un accord de cessez-le-feu entre les deux parties », a déclaré le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Boussaïdi. L’annonce précise que ni les Houthis ni les États-Unis ne se cibleront désormais, « y compris les navires américains, en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb ».
Ce développement intervient après une déclaration de Donald Trump, qui, depuis le Bureau ovale, a annoncé l’arrêt des frappes américaines. L’ancien président a affirmé que les Houthis avaient accepté de ne plus attaquer les navires commerciaux. « Ils ne veulent tout simplement plus se battre », a-t-il lancé, insistant sur la fiabilité de la source ayant permis cette percée.
Pour Washington, la sécurisation du trafic maritime mondial – dont 12 % transite par la mer Rouge – reste une priorité stratégique. Pour les Houthis, affaiblis et isolés malgré le soutien iranien, cette trêve offre une respiration tactique. Toutefois, rien ne garantit à ce stade la durabilité de l’accord, encore moins son extension à d’autres volets du conflit yéménite.
Entre jeux d’alliances, fatigue des combats et calculs économiques, ce cessez-le-feu négocié par Oman pourrait inaugurer une pause salutaire. Mais l’histoire du Yémen enseigne que les silences les plus prometteurs peuvent vite redevenir fracas, si les racines profondes du conflit ne sont pas traitées.
La Rédaction

