Face à la procédure engagée au Sénat pour lever l’immunité de Joseph Kabila, le Front Commun pour le Congo dénonce une tentative de déstabilisation politique, et alerte sur un risque de dérive institutionnelle.
Le climat politique en République démocratique du Congo vient de franchir un nouveau seuil de tension. Alors qu’une requête officielle a été introduite au Sénat pour lever l’immunité de Joseph Kabila, l’ancien président et sénateur à vie, son parti, le Front Commun pour le Congo (FCC), riposte avec fermeté.
Dans un communiqué publié le 3 mai, la coalition accuse les autorités de vouloir instrumentaliser les institutions pour écarter un acteur politique majeur de la scène nationale, à travers une procédure qu’elle qualifie de « contraire à la Constitution ».
Immunité présidentielle : un verrou juridique en débat
Le FCC rappelle que Joseph Kabila, en tant qu’ancien chef de l’État, bénéficie d’un régime juridique spécifique. Selon la coalition, toute poursuite judiciaire à son encontre devrait obligatoirement passer par une autorisation des deux tiers du Parlement réuni en Congrès, non par une simple décision du Sénat.
Pour ses partisans, cette démarche constitue une « violation grave des règles constitutionnelles », qui pourrait ouvrir la voie à des précédents dangereux. « Ce n’est pas seulement Kabila qu’on vise, mais l’équilibre des pouvoirs et la crédibilité des institutions », affirme un cadre du FCC.
Un timing jugé suspect
Le FCC souligne également que cette offensive judiciaire survient quelques jours après l’annonce du retour de Joseph Kabila au pays, présenté comme un « exil forcé » par ses proches. Ce retour, très commenté, avait ravivé les spéculations sur un éventuel réengagement politique de l’ancien président, resté silencieux depuis son départ du pouvoir en 2019.
« Ce n’est pas une coïncidence », estime le communiqué. Pour le FCC, le pouvoir en place chercherait à détourner l’attention de la crise sécuritaire persistante dans l’est du pays, où les rebelles du M23 continuent de gagner du terrain. Accuser Kabila de collusion avec ces groupes armés serait, selon le parti, une manœuvre pour le discréditer auprès de l’opinion.
Une mobilisation annoncée
En conclusion, le FCC appelle la population à rester vigilante et à défendre les acquis démocratiques. Le parti évoque une tentative de museler un ancien président respecté, devenu symbole de continuité et de stabilité pour une frange importante de la population congolaise.
Alors que la situation sécuritaire dans l’est s’aggrave, la République démocratique du Congo pourrait bien s’engager dans une nouvelle crise politique à l’échelle nationale, cette fois provoquée non pas par les armes, mais par les urnes et les textes.
La Rédaction

