À un an du scrutin, le président somalien Hassan Sheikh Mohamud refuse de dévoiler ses intentions pour 2026. Interrogé sur une possible candidature à un troisième mandat, le chef de l’État botte en touche, affirmant que la décision dépendra des « dynamiques politiques à l’approche des élections ».
Cette déclaration calculée laisse planer l’ambiguïté, alors même que le pays s’apprête à vivre un moment charnière de son histoire démocratique : pour la première fois depuis 50 ans, les Somaliens voteront directement pour élire leurs dirigeants.
Priorité à la stabilité et à l’économie
Depuis son retour au pouvoir en mai 2022, Hassan Sheikh Mohamud met en avant un programme centré sur la reconstruction nationale. Il affirme que ses priorités restent claires : sécuriser le territoire, relancer l’économie et mener à bien l’organisation des élections générales, fondées cette fois sur le suffrage universel direct.
Ce changement de modèle électoral constitue un tournant historique pour la Somalie, longtemps minée par l’instabilité politique, les conflits internes et l’absence d’institutions représentatives solides.
Des progrès visibles à Mogadiscio
Des analystes saluent déjà les avancées du président, notamment en matière de sécurité dans la capitale. Mogadiscio, autrefois théâtre régulier d’attentats, connaît une accalmie qui favorise l’essor de zones commerciales et une dynamique économique encourageante.
Le lancement du processus d’enregistrement des électeurs en avril marque un autre jalon important. Cette étape, préparatoire au scrutin de 2026, témoigne de la volonté des autorités d’ancrer la démocratie dans un pays qui n’a pas connu de vote direct depuis un demi-siècle.
Entre silence stratégique et calcul politique
Mais la posture de Hassan Sheikh Mohamud interroge. En entretenant volontairement le flou sur ses ambitions, il préserve ses marges de manœuvre. Sera-t-il le garant de la transition démocratique ou le principal acteur d’une nouvelle reconduction ? Tout dépendra des équilibres politiques dans les mois à venir.
En attendant, le président somalien continue de marcher sur une ligne étroite entre consolidation institutionnelle et gestion de ses propres ambitions. Un jeu d’équilibre dont dépendra en partie l’avenir démocratique du pays.
La Rédaction

