Après l’attentat meurtrier qui a coûté la vie à 26 touristes dans le Cachemire indien, les tensions entre New Delhi et Islamabad atteignent un nouveau sommet. Le Pakistan prévient : toute attaque sera sévèrement punie.
Le ministre de l’Intérieur pakistanais, Mohsin Naqvi, n’a pas mâché ses mots. “L’Inde joue avec le feu”, a-t-il lancé mardi lors d’une réunion à Islamabad avec le chef islamiste Maulana Fazlur Rehman. Une déclaration lourde de menaces dans une atmosphère déjà explosive entre les deux puissances nucléaires, toujours embourbées dans leur conflit historique autour de la région du Cachemire.
Un attentat sanglant et un échange de reproches
Tout a commencé il y a une semaine, lorsqu’un attentat a frappé la partie du Cachemire contrôlée par l’Inde, tuant 26 touristes, dont 25 Indiens et un Népalais. Sans fournir la moindre preuve, New Delhi a aussitôt désigné le Pakistan comme responsable. Islamabad dément toute implication, mais l’Inde a choisi l’escalade.
New Delhi passe à l’offensive diplomatique
Parmi les mesures prises par l’Inde : l’expulsion de diplomates pakistanais, la révocation de visas, la fermeture de la frontière terrestre, mais surtout, la suspension du Traité de l’Indus. Ce texte signé en 1960 permettait aux deux pays de gérer le partage des eaux d’un fleuve vital. Même les guerres précédentes n’avaient pas eu raison de cet accord. Sa rupture sonne donc comme un point de bascule.
Islamabad riposte : accords annulés et menaces verbales
En réponse, le Pakistan a annulé plusieurs accords bilatéraux, renforcé sa posture militaire et dénoncé les “aventures dangereuses” de l’Inde. Sur la Ligne de Contrôle, qui marque la frontière de facto au Cachemire, des échanges de tirs ont été signalés. Aucun mort n’a été officiellement confirmé, mais les deux camps s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis 2021.
Une rhétorique guerrière de plus en plus agressive
De part et d’autre, les discours se radicalisent. Fazlur Rehman accuse le Premier ministre indien Narendra Modi d’être “l’ennemi des musulmans” et de mener une “croisade contre l’islam”. De son côté, le ministre indien de l’Eau, CR Patil, a menacé de couper l’accès du Pakistan aux eaux de l’Indus. En réponse, Bilawal Bhutto-Zardari, du Parti du peuple pakistanais (PPP), a lancé : “Ou l’eau continue de couler, ou ce sera leur sang.”
Un air de déjà-vu : retour au bord du gouffre
Ce regain de tensions n’est pas sans rappeler la crise de 2019, où un attentat similaire avait conduit à des frappes aériennes mutuelles. Les deux pays s’étaient retrouvés au bord d’un conflit majeur. Comme à l’époque, aucun canal de dialogue ne semble aujourd’hui ouvert entre Narendra Modi et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.
Un silence international inquiétant
Malgré la gravité de la situation, la communauté internationale reste silencieuse. Aucune réponse coordonnée n’a été annoncée. Pourtant, avec deux puissances nucléaires en confrontation, le moindre incident pourrait dégénérer.
La Rédaction

