Le Marché International de l’Artisanat du Togo (MIATO) a ouvert ses portes ce vendredi à Lomé, lançant une nouvelle édition placée sous le signe de la diversité culturelle et de la créativité. Pays invité d’honneur, le Burkina Faso a mobilisé une délégation de plus de cent artisans pour partager son riche patrimoine artisanal avec le public togolais et les visiteurs internationaux.
Le Burkina Faso, entre tradition et innovation
À l’honneur cette année, le savoir-faire burkinabè s’est illustré par une variété de pièces emblématiques. Le “Koko donda”, pagne traditionnel longtemps marginalisé, brille désormais comme symbole de renaissance identitaire. Le célèbre Faso Danfani, tissé à la main dans un coton épais, incarne quant à lui une fierté nationale devenue marque de patriotisme.
Le chapeau de Saponé, authentique et reconnaissable entre tous, a également captivé les visiteurs. S’ajoutent à ces pièces textiles, des œuvres sculptées dans le bois, des bijoux, ainsi qu’une maroquinerie fine, tous témoins d’un art transmis de génération en génération.
Un appel à l’unité pour la sauvegarde du patrimoine
Intervenant lors de la journée dédiée au Burkina Faso, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, ministre burkinabè de la Communication, des Arts et de la Culture, a salué l’importance du MIATO en tant qu’espace de valorisation et de transmission :
“Le MIATO dépasse la simple vitrine commerciale. Il devient un carrefour de dialogues culturels, de reconnaissance de nos identités et de relance économique.”
Le ministre a insisté sur la nécessité d’une coopération sous-régionale renforcée afin de protéger les artisans et structurer durablement ce secteur stratégique pour le développement.
Protéger l’artisanat : un enjeu continental
Le thème de cette édition, “Protection des œuvres artisanales : enjeux et défis”, met en lumière la fragilité d’un secteur confronté à la contrefaçon et à la standardisation mondiale. En Afrique de l’Ouest, l’artisanat génère jusqu’à 20 % du PIB dans plusieurs pays, en plus de jouer un rôle social majeur dans l’emploi des jeunes et des femmes.
Pour Kossivi Hounaké, ministre délégué chargé de l’Artisanat au Togo :
“L’artisanat africain est une mémoire vivante. Chaque pièce raconte une histoire, incarne une identité, et véhicule une esthétique profondément enracinée dans nos cultures.”
Une vitrine de créativité africaine jusqu’au 4 mai
Présidée par la Première ministre Victoire Tomégah-Dogbé, la cérémonie d’ouverture a donné le ton d’un événement ambitieux et rassembleur. Expositions, ateliers, conférences et échanges professionnels rythmeront les dix jours du MIATO, qui se veut une vitrine dynamique du génie créatif africain.
Une édition 2025 qui réaffirme le rôle stratégique de l’artisanat dans le rayonnement économique et culturel du continent africain, entre transmission, innovation et souveraineté culturelle.
La Rédaction

