L’opposition dénonce un “coup d’État judiciaire”, le gouvernement parle de réforme.
Au Ghana, la suspension de la présidente de la Cour suprême, Gertrude Torkornoo, provoque un séisme politique. Accusée de faute professionnelle, la magistrate, nommée en 2023, est écartée temporairement dans l’attente des conclusions d’un comité d’enquête composé de juristes, d’universitaires et d’anciens hauts fonctionnaires.
Mais cette procédure suscite une vive controverse. L’opposition accuse le président John Dramani Mahama de vouloir manipuler l’appareil judiciaire en préparant la nomination d’un juge proche du Congrès national démocratique (NDC), son parti. Plusieurs députés parlent d’un “coup d’État judiciaire flagrant” et dénoncent une tentative de prise de contrôle des institutions.
En face, les partisans du pouvoir affirment que la décision relève d’un processus légal et nécessaire pour restaurer la crédibilité de la justice. Selon eux, la réforme engagée vise à assainir l’institution et à garantir son indépendance.
Au-delà des accusations, cette crise met en lumière les tensions grandissantes entre les pouvoirs au Ghana, alors que les échéances électorales de 2026 se profilent. La neutralité des institutions devient plus que jamais un champ de bataille politique.
Le pays retient son souffle, alors que le comité d’enquête doit trancher : s’agit-il d’un redressement légitime ou d’un glissement vers une justice aux ordres ?
La Rédaction

