Dans un ton rarement aussi cru, Mahmoud Abbas a brisé le silence diplomatique. Lors de l’ouverture du Conseil central de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), le président de l’Autorité palestinienne a vertement interpellé le Hamas, exigeant la libération immédiate des otages détenus à Gaza, en particulier les ressortissants américains.
« La première priorité est de mettre fin à la guerre d’anéantissement à Gaza. Elle doit cesser – des centaines de personnes sont tuées chaque jour », a déclaré Abbas avant de fulminer : « Pourquoi ne livrez-vous pas les otages américains ? Bande de chiens, libérez ceux que vous détenez. Faites taire les excuses de l’ennemi. Mettez fin à tout ça. »
Cette déclaration, violente et inhabituelle, souligne la fracture béante entre l’Autorité palestinienne et le Hamas, deux factions longtemps irréconciliables. Depuis la prise de contrôle de Gaza par le Hamas en 2007, les tensions n’ont cessé de croître, mais jamais le langage employé par Abbas n’avait atteint un tel niveau de brutalité.
Le chef de l’Autorité palestinienne, critiqué pour son manque d’initiative depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, semble chercher à reprendre l’initiative politique. En s’attaquant directement au mouvement islamiste, il se positionne à la fois comme garant de la cause palestinienne et comme voix d’un État qui refuse d’être éclipsé par la logique militariste du Hamas.
Abbas a par ailleurs qualifié les déplacements forcés en cours dans la bande de Gaza de « nouvelle Nakba », référence à l’exil massif des Palestiniens en 1948. « Nous rejetons cela. Cela fait partie intégrante de notre territoire – ce qui se passe à Gaza se passe également à Jénine, partout », a-t-il insisté, martelant que la lutte palestinienne ne pouvait être morcelée.
À travers cette sortie cinglante, Mahmoud Abbas tente de rompre l’isolement politique et de rappeler qu’en Cisjordanie aussi, le peuple palestinien vit sous la menace, dans l’attente d’une paix qui, chaque jour, semble un peu plus lointaine.
La Rédaction

