La promesse d’un renouveau démocratique en Tanzanie semble de plus en plus lointaine. L’arrestation brutale de Tundu Lissu, figure majeure de l’opposition et critique résolu du régime, relance les inquiétudes sur une dérive autoritaire à l’approche des élections générales d’octobre 2025.
Arrêté à Mbinga, dans la région de Ruvuma, avec plusieurs membres de son entourage, Lissu avait pris la parole lors d’un rassemblement de son parti, le Chadema, organisé dans le cadre de la campagne « Pas de réformes, pas d’élections ». Ce slogan résume l’exigence portée par l’opposition : une refonte en profondeur du système électoral pour garantir des scrutins libres et transparents. La manifestation a été violemment dispersée par la police à coups de gaz lacrymogènes.
Avocat de formation, Tundu Lissu n’en est pas à sa première confrontation avec le pouvoir. En 2017, il avait échappé de peu à un attentat ciblé : des inconnus avaient criblé sa voiture de balles. Depuis son retour d’exil autorisé en 2021, il n’a cessé de dénoncer la dérive sécuritaire du régime, malgré les promesses initiales de la présidente Samia Suluhu Hassan.
À son arrivée au pouvoir après le décès de John Magufuli, Samia Suluhu Hassan avait suscité l’espoir en levant certaines interdictions politiques et en tendant la main à l’opposition. Mais les derniers mois marquent un tournant. Arrestations arbitraires, intimidations, surveillance accrue : plusieurs ONG et observateurs étrangers dressent un tableau inquiétant d’un espace politique qui se referme, trahissant les espoirs d’ouverture.
L’arrestation de Lissu pourrait bien être un signal : la Tanzanie s’apprête à entrer dans une phase électorale marquée non par la compétition démocratique, mais par l’étouffement progressif de la contestation.
La Rédaction

