Des partis dénoncent un manque de concertation et demandent un report de la révision électorale
Alors que le Togo a entamé lundi la révision des listes électorales en vue des prochaines municipales, cinq partis de l’opposition dénoncent une organisation précipitée et sans dialogue. Dans une déclaration commune diffusée dimanche, le CAR, le PSR, Santé du Peuple, Le Togo Autrement et l’UDS-Togo mettent en garde contre des dérives qui pourraient entacher la crédibilité du scrutin à venir.
Un décret publié sans concertation
Le décret présidentiel n°2025-030/PR, publié le 1er avril, fixe la période de révision des listes électorales entre le 7 et le 23 avril. Une décision unilatérale, selon les partis signataires, qui regrettent l’absence de concertation avec les forces politiques, alors même que le Cadre Permanent de Concertation (CPC) est censé garantir un dialogue entre majorité et opposition. « Cette précipitation traduit une volonté d’écarter certaines voix et de restreindre l’enrôlement dans des zones ciblées », alertent-ils, évoquant les dysfonctionnements survenus lors du recensement électoral de 2023 — machines défaillantes, délais trop courts, manque d’information.
Trois exigences pour rétablir la confiance
Face à cette situation, les partis formulent trois revendications clés :
1. Allonger le délai de révision : ils demandent un prolongement de dix jours pour la zone 1, incluant la région Maritime et la préfecture de Haho, afin de garantir une participation large.
2. Renforcer la sensibilisation : ils appellent la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) à intensifier les campagnes d’information auprès des citoyens.
3. Réunir d’urgence le CPC : ils réclament un dialogue immédiat pour clarifier les modalités du processus et corriger les déséquilibres.
Mobiliser sans boycotter
Malgré leur méfiance, les partis invitent les Togolais à ne pas se désengager du processus : « La frustration est compréhensible, mais le vote demeure un levier fondamental pour se faire entendre. » Un appel à la mobilisation dans un contexte où l’enjeu de la représentativité reste central.
Un calendrier contesté dans la société civile
La révision, étalée sur trois zones en seulement dix-sept jours, suscite aussi des critiques dans les rangs de la société civile. Plusieurs observateurs redoutent que ce délai serré, notamment dans les zones rurales, ne freine l’enrôlement de nombreux électeurs.
Alors que le pays entre dans une nouvelle séquence électorale, la question de la transparence demeure au cœur du débat. Reste à savoir si le gouvernement entendra les voix discordantes ou si le fossé entre pouvoir et opposition continuera de se creuser.
La Rédaction

