Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, se rend à Alger ce dimanche 6 avril, à l’invitation de son homologue algérien, Ahmed Attaf. Cette visite, qui marque une nouvelle étape dans les relations entre les deux pays, a pour objectif de relancer le dialogue diplomatique après plusieurs mois de tensions. Elle s’inscrit dans le cadre de la feuille de route conjointe élaborée récemment par les présidences française et algérienne, suite à un appel téléphonique entre Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune.
Le ministère français des Affaires étrangères souligne que tous les sujets seront abordés durant cette rencontre, avec un focus particulier sur la coopération sécuritaire, migratoire et économique. Les discussions devraient également inclure la coopération judiciaire et le travail de la commission mixte d’historiens sur les questions mémorielles. Le Quai d’Orsay insiste sur l’importance de rétablir un dialogue constructif, notamment pour améliorer la gestion des flux migratoires, dans le respect des préoccupations des deux pays.
Si la question de l’écrivain Boualem Sansal, toujours sensible, ne semble pas figurer au cœur des discussions, le ministre français devrait néanmoins aborder d’autres sujets délicats, dont la situation des détenus d’opinion en Algérie. Cette visite marque un tournant dans la gestion des relations bilatérales, en mettant l’accent sur une approche plus discrète et moins influencée par les tensions internes, comme celles provoquées par les déclarations de certains membres du gouvernement français.
En dépit des progrès attendus, des questions restent en suspens, notamment sur le dossier du Sahara occidental, qui continue de diviser les deux nations. Le soutien de la France au plan marocain pour la région a en effet exacerbé les tensions, et certains sujets pourraient revenir sur le devant de la scène au cours de ces négociations.
Cette visite est donc une tentative de redresser les relations franco-algériennes tout en évitant de raviver les anciennes polémiques. Le chemin reste semé d’embûches, mais la reprise du dialogue diplomatique pourrait ouvrir la voie à une coopération plus fluide et à une normalisation des échanges entre les deux pays.
La Rédaction

