L’ancien président libérien George Weah se retrouve au centre d’une controverse politique après des accusations selon lesquelles il aurait conservé un véhicule d’État à la fin de son mandat. Son bureau dément fermement ces allégations, tandis que le gouvernement de Joseph Boakai justifie l’achat d’une luxueuse voiture blindée. Une affaire qui illustre les tensions persistantes entre l’ancienne et la nouvelle administration.
Un véhicule, une polémique
Tout est parti d’une déclaration du chef de la garde présidentielle, affirmant que George Weah n’avait pas restitué un véhicule officiel après son départ du pouvoir en janvier 2024. Cette situation, selon les autorités actuelles, aurait nécessité l’acquisition d’une Lexus blindée pour le nouveau président Joseph Boakai, un achat estimé à 1,2 million de dollars.
Face à ces accusations, le bureau de Weah n’a pas tardé à réagir. Lenn Eugene Nagbe, ancien chef de cabinet de l’ex-président, affirme que le véhicule en question appartenait en réalité à Weah et ne relevait pas du parc automobile de l’État. Il accuse la présidence actuelle de vouloir manipuler l’opinion publique pour masquer ses propres dépenses jugées excessives.
Une transition marquée par des frictions
L’affaire du véhicule ne fait que raviver les tensions entre George Weah et Joseph Boakai, qui s’étaient affrontés lors de la présidentielle de 2023. Weah, battu dans les urnes, avait pourtant reconnu sa défaite et quitté le pouvoir sans encombre. Mais depuis, la transition ne s’est pas déroulée sans heurts.
L’achat de la Lexus blindée cristallise les critiques. Officiellement, elle a été acquise pour des raisons de sécurité, mais son coût élevé suscite des interrogations. L’ancien chef de cabinet de Weah rappelle que plusieurs Toyota Land Cruiser avaient été commandées sous l’administration précédente et mises à disposition du nouveau gouvernement.
Un débat sur la gestion des ressources publiques
Au-delà du duel entre les deux camps, cette affaire soulève une question plus large : la gestion des finances publiques. Dans un pays où les défis économiques sont nombreux, l’achat d’un véhicule aussi onéreux passe mal auprès d’une partie de la population.
L’opposition accuse Boakai de manquer à ses promesses de gouvernance exemplaire, tandis que ses partisans dénoncent une tentative de diversion orchestrée par Weah. Une chose est sûre : le Liberia, loin d’un simple débat sur un véhicule, assiste à un affrontement politique où chaque camp cherche à asseoir sa légitimité.
La Rédaction

