Une marée humaine s’est réunie samedi à Istanbul pour dénoncer l’arrestation du maire Ekrem Imamoglu. Malgré la répression, l’opposition veut inscrire la contestation dans la durée.
Une foule déterminée malgré la répression
Des dizaines de milliers de manifestants ont afflué dès le matin vers un parc sur les rives de la mer de Marmara. Arborant des drapeaux turcs et des portraits de Mustafa Kemal Atatürk, ils ont répondu à l’appel du CHP, le parti d’Imamoglu, pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une instrumentalisation de la justice. « Je suis ici pour défendre la démocratie et la justice », affirme un manifestant, dénonçant une dérive autoritaire du pouvoir.
Parmi la foule, l’épouse, la mère et les fils d’Imamoglu ont marqué leur présence, tandis que les slogans faisaient écho aux grandes manifestations de Gezi en 2013 : « Taksim est partout, la résistance est partout ! »
Une contestation qui s’organise
Le CHP veut faire de cette mobilisation une démonstration de force face au président turc, tout en évitant l’escalade avec les forces de l’ordre. Si la manifestation s’est déroulée sans heurts majeurs, la stratégie du parti est claire : maintenir la pression sans offrir de prétexte à une répression accrue.
Depuis l’arrestation d’Imamoglu le 19 mars, la Turquie connaît une vague de protestations d’une ampleur inédite depuis une décennie. Face à cette mobilisation grandissante, Özgür Özel, figure montante de l’opposition, annonce des rassemblements réguliers : chaque samedi dans une ville du pays et chaque mercredi soir à Istanbul.
Loin de s’essouffler, le mouvement semble s’inscrire dans la durée, laissant entrevoir une nouvelle phase de tension politique en Turquie.
La Rédaction

