Un comité des Nations Unies vient de publier un rapport accablant sur la détention des immigrants au Canada, dénonçant des pratiques portant atteinte aux droits des personnes handicapées. L’organe onusien exhorte Ottawa à mettre fin à ces détentions et à instaurer des alternatives respectueuses des droits fondamentaux.
Une détention jugée arbitraire et discriminatoire
Le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU s’est alarmé de la proportion élevée de migrants en situation de handicap enfermés au Canada, souvent dans des établissements correctionnels inadaptés. En cas de crise de santé mentale, ces détenus risquent l’isolement prolongé, une pratique critiquée par de nombreuses organisations de défense des droits humains.
Les experts onusiens recommandent au Canada de privilégier des solutions alternatives, incluant un accès renforcé à des services d’accompagnement : logement, soins médicaux et psychiatriques, assistance juridique et soutien spécifique aux personnes en situation de handicap.
Une prise de décision opaque et contestée
Le rapport condamne aussi le système de représentation désignée appliqué aux détenus en situation de handicap. Dans ce cadre, des représentants – souvent désignés sans contrôle rigoureux – prennent des décisions cruciales au nom des détenus, sans leur consentement éclairé.
L’histoire de Prosper Niyonzima, survivant du génocide rwandais détenu pendant près de cinq ans, illustre ces dérives. Après une grave crise psychiatrique, un représentant lui fut attribué sans qu’il puisse le rencontrer ni s’opposer à ses décisions, influençant des audiences judiciaires cruciales pour son avenir.
Pression internationale pour une réforme
Les critiques du comité rejoignent celles de Human Rights Watch, qui dénonce depuis longtemps les atteintes aux droits des migrants handicapés au Canada. La campagne #BienvenueAuCanada a déjà poussé plusieurs provinces à rompre leurs accords avec l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). Toutefois, l’Ontario a prolongé ces accords jusqu’en septembre 2025, et le gouvernement fédéral cherche à maintenir le système en exploitant des prisons fédérales.
Face à la pression croissante, Ottawa devra décider s’il persiste dans cette voie ou s’il s’aligne sur les standards internationaux en matière de droits humains.
La Rédaction

